Un petit mot sur le ballastage de la voie me semble approprié étant donné son importance dans l'aspect final que présentera la voie. Une fois les câbles d'alimentation soudés aux rails, les moteurs installés sous table, les commandes bifilaires posées, les rails et les traverses peints, je procède au ballastage de la voie, du moins dans cette partie du réseau. Ailleurs, j'aurai à poser des quais, des signaux, ou encore d'autres accessoires, avant le ballastage. Je procède ainsi par petites sections afin de ne pas avoir à ballaster trop d'un coup. Afin de me faciliter le travail, j'ai bricolé il y a un peu moins de 30 ans, une ballasteuse. C'était du temps où je bossais à la construction d'un grand réseau dans un club de modélisme. Vu le nombre impressionnant de mètres de voie à pourvoir d'un ballast, c'était amplement justifié. En fait, grand lecteur de revues de modélisme ferroviaire, j'avais découvert un petit article dans l'excellent périodique Model Railroader, traitant de la fabrication d'une ballasteuse. Je me suis basé sur cet article pour fabriquer la mienne. Je l'ai un peu améliorée au fil du temps et elle m'a toujours donné satisfaction. Le principe de fonctionnement est le suivant. Raccordée à un aspirateur, la ballasteuse aspire l'excédent de ballast. Le réglage de la force d'aspiration s'effectue soit à partir du variateur de vitesse de l'aspirateur, soit à partie d'un petit couvercle coulissant installé sur le tuyau d'aspiration. L'embout en forme de T que je fais coulisser le long de la voie comporte une fente. Me doutant que certains seront peut-être désireux d'en savoir davantage, je signale qu'un article a été écrit en mai 2001 au sujet de cette ballasteuse sous la plume de Jeanine Teller. L'auteur n'a pas lésiné sur les explications et les schémas, bien mieux que je ne l'avais fait à l'époque dans la revue du club que je fréquentais. Vous trouverez ce reportage sur l'excellent site P'titrain : http://www.ptitrain.com/jide/toofoo/toofoo8a.htm .  Ma ballasteuse, qui accuse 30 ans d'âge, est raccordée à l'aspirateur moyennant un raccord bricolé. Le bocal, intercalé entre l'aspirateur et l'embout en forme de T, sert à récupérer le ballast excédentaire. Il est assorti d'un lest constitué d'une boîte métallique remplie de mortier afin d'obtenir un poids suffisant, ce qui confère au bocal une bonne stabilité. Il s'agit d'un assemblage qu'on pourrait qualifier de rudimentaire, mais il fonctionne à merveille et, apparemment, il n'existe aucune ballasteuse de ce genre dans le commerce. Grâce soit rendue à ce mystérieux modéliste américain, dont j'ai oublié le nom, qui, il y a fort longtemps, m'a fait part de son invention par le biais de la revue américaine Model Railroader.
L'embout en forme de T que je fais coulisser le long de la voie comporte une fente. Il montre des signes d'usure tellement il a servi !
Bien sûr, il faut d'abord disposer d'un ballast approprié. Personnellement, je me procure parfois du ballast vendu dans le commerce sous diverses marques. Le choix ne manque pas. Cependant, cela fait longtemps que je le fabrique moi-même en grande quantité. Le problème est de trouver le gravier brut qui convient. Il doit être assez anguleux de préférence. Ensuite, à l'aide de tamis divers, je procède au calibrage. Toutes les granulométries sont utiles, par exemple, les plus gros cailloux me servent pour créer le lit des rivières ou les abords d'une carrière. La dernière opération consiste à teinter les cailloux à l'aide de latex. Je regrette de ne pas m'étendre davantage sur ce sujet, mais cela me demanderait trop de temps. Et puis, un grand choix existe dans le commerce de sorte que chacun peut y trouver son bonheur. Cette vue montre la panoplie complète des produits utilisés. A gauche, dans le bac en plastique se trouvent divers ballasts contenus dans de petits récipients pour une manipulation aisée. Le carton de droite contient divers sables et graviers très fins tandis qu'à l'extrême droite, de grands bocaux constituent une bonne réserve de ballast, sans compter les autres réserves non visibles. A l'arrière-plan, on voit un grand pulvérisateur contenant de l'eau additionnée d'un agent mouillant, un flacon de colle Woodland Scenics, un petit pulvérisateur de colle et enfin une burette (je récupère des flacons ayant contenu de la teinture pour cheveux).
La colle que j'utilise actuellement provient de la gamme Woodland Scenics. Je l'apprécie particulièrement ; en outre elle est pratiquement prête à l'emploi. Certains utilisent de la colle blanche à bois diluée. C'est bon hormis le fait qu'elle est moins bon isolant acoustique. Personnellement, lorsque j'utilisais de la colle à bois, je diluais comme suit : un tiers de colle à bois vinylique et deux tiers d'eau. Le ballast ne doit pas devenir du béton ! Moins il y a de colle, mieux c'est pour le bruit et plus facile est la récupération de la voie en cas de besoin. J'utilise aussi depuis longtemps du "Matte Medium" qui est une émulsion polymère 100 % acrylique séchant mat et incolore. Il est normalement utilisé comme additif aux peintures acryliques. Pour l'utiliser comme colle de ballast, il faut le diluer à l'eau avec quelques gouttes d'agent mouillant (détergent pour vaisselle) afin de casser la tension superficielle de l'eau à raison d'une part de Matte Medium pour une part d'eau. Une astuce : la bonne dilution est trouvée lorsque la colle a la même fluidité que celle du lait. On trouve le Matte Medium dans les magasins de fournitures artistiques.
Voici l'ordre des opérations que je respecte en principe. La première opération est d'étendre du très fin gravier qui va représenter les abords des voies : par exemple les pistes que l'on voit souvent le long des voies. Le ballast proprement dit se trouve quant à lui sous et de part et d'autre des traverses jusqu'à une certaine distance. J'utilise pour cette première opération du sable teinté. Ici aussi, on trouve un excellent choix dans le commerce. Divers sables et graviers très fins sont à ma disposition pour garnir les abords des voies.
La première opération consiste à étendre du gravier très fin de part et d'autre des voies en essuyant bien le dessus des traverses. Ensuite, j'humecte avec de l'eau additionnée d'un peu d'agent tensio-actif (quelques gouttes de produit détergent pour vaisselle) et j'asperge ensuite de colle diluée. Celle-ci pénètre vite et profondément dans le gravier du fait que celui-ci a été aspergé d'eau. Je laisse bien sécher (jusqu'au lendemain) avant de passer l'aspirateur. Je passe ensuite à la seconde opération consistant à étendre le ballast calibré et à le coller en suivant la procédure décrite ci-dessus.
J'étends généreusement le ballast sur les voies : pas de problème pour la récupération du ballast excédentaire grâce à ma ballasteuse. Celle-ci n'est pas absolument nécessaire et le ballastage peut être parfaitement réalisé à l'aide d'un fin pinceau, ce que je fais d'ailleurs à certains endroits. A l'aide du pinceau, je brosse le gravier jusqu'à dégager les traverses et les abords de la voie et je pousse ainsi le ballast le long de la voie. Ca prend juste un peu plus de temps.
La ballasteuse fonctionne et le débit d'air aspiré est réglé de telle sorte que le ballast aspiré est celui qui dépasse des traverses.
Sur les appareils de voie, étant donné que je ne peux pas encastrer l'embout sur les rails, celui-ci se situe plus haut par rapport aux traverses que lors du ballastage en pleine voie. J'augmente donc un peu la force d'aspiration.
Remarquez la dimension des cailloux par rapport aux traverses. Bien souvent, j'observe du caillou beaucoup trop gros sur certains réseaux. Sur les appareils de voie, étant donné que je ne peux pas encastrer l'embout sur les rails, celui-ci se situe plus haut par rapport aux traverses que lors du ballastage en pleine voie. J'augmente donc un peu la force d'aspiration. Remarquez la dimension des cailloux par rapport aux traverses. Bien souvent, j'observe du caillou beaucoup trop gros sur certains réseaux.
 L'opération finale est évidemment la patine comme on le voit sur la photo ci-dessus : retouches de peinture sur les rails et patine générale souhaitée. Le travail n'est cependant pas terminé ici. Il reste à figurer une petite végétation qui commence à envahir les voies, car je suppose ici une faible fréquence du désherbage, et à poser un tas d'accessoires qui feront "vrai".
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