10/07/2008

07/2008-1 - La voie - partie 1 : l'isolation phonique

J'entame ici une étape importante, la pose de la voie; un exercice que j'apprécie particulièrement. Selon ma vision du modélisme ferroviaire, la voie doit serrer la réalité de près sans toutefois tomber dans la reproduction ultra-réaliste à la manière des amateurs de "fine scale", notamment ceux de la confrérie "Proto 87" dont j'admire au passage les réalisations époustouflantes de vérité. Il faut pouvoir conjuguer réalisme et possibilités en temps. Je me dis souvent que je pousse parfois le bouchon un peu loin, mais bon, je crois que mon compromis est quand même bon et il me satisfait. 

 

Il va de soi que je n'utilise que de la voie dite "courbable" et que je n'utilise en aucun cas de la voie rigide avec ballast incorporé comme la voie RocoLine ou encore la voie Trix dérivée de la voie C Märklin. Celles-ci ne permettent absolument pas une géométrie libre. Quant aux aiguillages, j'utilise diverses géométries (angle de déviation et rayon de courbure) et même les excellents aiguillages courbables en kit de la firme Tillig. En outre, comme vous le verrez, je n'hésite pas à "charcuter" mes appareils de voie pour obtenir ce que je désire.

Outre la confection d'un plan des voies, la première chose à faire est de poser une semelle sur l'assiette de voie qui s'interposera entre celle-ci et la voie. But : l'isolation phonique, car il est bien connu que les voies, une fois ballastées avec de vrais cailloux et de la colle, formeront une caisse de résonance avec l'assiette de voie et l'ensemble du châssis du réseau. Il faut couper cette continuité dans la propagation du bruit que produiront les roues de tout convoi circulant sur le réseau.

 

L'utilité de la semelle ne réside pas seulement dans l'insonorisation ! En pleine voie, elle va aussi servir à créer le lit de ballast surélevé afin de conférer à la voie un aspect réaliste, une fois celle-ci ballastée. Par contre, dans les gares, en particulier dans la zone où se trouvent les voies de débord, on ne voit guère de lits de ballast surhaussés car les entre-voies sont noyées à hauteur des traverses. N'empêche, la semelle a également son utilité là aussi. Voici deux photos d'une de mes anciennes réalisations.

 

 

Ballst 1 (Small)

En pleine voie, le lit surélevé apparaît pleinement. Au préalable, on coupe les bords de la semelle en biais avant de procéder à l'étalement du gravier calibré et à son collage par aspersion de colle diluée.

 

 

 

Ballast 2 (Small)

Dans les emprises d'un dépôt ou des voies de débord, le lit de cailloux (cela peut aussi être du gravier fin ou même des cendrées) est nivelé partout à hauteur de la face supérieure des traverses.

 

 Pour en terminer avec l'insonorisation, je considère qu'il est quand même bon d'entendre rouler les trains comme dans la réalité. Donc, le but n'est pas de créer le silence complet, ce serait d'ailleurs impossible. Comme l'excès nuit en tout, le but serait plutôt d'obtenir un niveau sonore réaliste tout en étant acceptable. C'est en tout cas mon opinion personnelle et je la défends compte tenu du principe qui régit la construction de mon réseau, lequel s'appelle "modélisme d'atmosphère". C'est tout simple finalement, il faut que ça fasse "vrai", optiquement et auditivement !  C'est d'ailleurs pour cela que je sonorise bon nombre d'engins moteurs encore que, là aussi, il faille abaisser le niveau sonore à un niveau acceptable, ce qui ne pose aucun problème grâce aux vertus des "variables de configuration" (CV) qui permettent une infinité de réglages des décodeurs numériques embarqués, exploitation digitale oblige.  

Semellles 1 (Small)
Les matériaux courants utilisés par de nombreux modélistes ferroviaires : de gauche à droite, une semelle fendue sur le milieu qui est proposée par la firmeFaller (il y en a d'autres), une semelle que j'ai découpée dans du polystyrène extrudé et enfin une semelle en liège tirée à partir du rouleau que l'on aperçoit à l'arrière-plan.

 

Quel matériau choisir ?  Pour les gares, je préfère utiliser du liège de 2 et 4 mm d'épaisseur que j'achète en rouleau, bien qu'on puisse l'obtenir aussi en plaques de diverses dimensions. L'avantage du liège est qu'il résiste bien à l'écrasement. En effet, il est inévitable, lors des travaux de pose de la voie, qu'on pose les coudes ou les avant-bras sur le réseau, sans parler des outils qui traîneront en permanence sur le plan de travail. L'expérience m'a appris qu'avec une semelle peu résistante, on se retrouve vite avec une surface bosselée pleine de creux ! C'est inacceptable pour une pose correcte de la voie et le spectacle d'un long train qui se dandine sur une voie irrégulière n'est pas fort réaliste.

Par contre, s'il s'agit d'une simple ou double voie, je suis aussi partisan d'une semelle en polystyrène extrudé de 6 mm d'épaisseur plus facile à mettre en œuvre. Pour peu qu'on fasse un peu attention lors de la pose de la voie, une telle semelle restera intacte. Attention à ne pas confondre avec le polystyrène expansé, moins cher mais aussi trop fragile et qui laisse en outre échapper un tas de petites billettes lors des coupes. C'est juste bon pour faire du remplissage lors de la confection du paysage en relief.


Isol RO (Small)

Double voie assise sur un lit de polystyrène extrudé sur l'ancien réseau de Richard Orban, un de mes deux "aidants". J'ai eu l'avantage de participer à la destruction partielle de sa première mouture et à l'élaboration de la seconde (voyez son blog mentionné dans la colonne de gauche). Pfff  ..., ça commence à dater et je me dis que la vie passe trop vite ! 

Bon, revenons à nos moutons. Les bords ne sont pas encore découpés en biais. Les autres voies dépourvues de semelle sont destinées à être cachées, ce qui rend inutile la pose d'un matériau insonorisant puisqu'aucun ballast ne sera collé, d'où l'absence d'une caisse de résonance.

 

En Belgique, on trouve des plaques de polystyrène extrudé sous le nom de Climaplan, Isoplan ou Nomaplan (6 mm d'épaisseur en plaques de 1000 mm x 700 mm environ) tandis qu'en France, on trouve aisément du Depron (3 et 6 mm d'épaisseur en plaques de 800 x 1250 mm). Les deux matériaux présentent quelques différences, mais cela est sans importance pour l'usage qu'on en fait ici. Le Depron, qui est soit dit en passant une marque hollandaise, est plus rigide et plus dense. Bref, d'une marque à l'autre, les propriétés mécaniques peuvent différer, mais toutes conviennent pour réaliser une semelle de voie. Par contre, pour d'autres usages en modélisme comme la fabrication de surfaces gravées (bâtiments, cours pavées, …), le Depron est préférable, mais cela relève d'un autre sujet dont je parlerai plus tard.

Un mot sur la colle à utiliser. Pour le liège, j'emploie une colle thixotrope à base de néoprène, sous forme liquide ou pâteuse, qui sèche assez rapidement (par ex. colle de contact Pattex en Belgique). Elle est efficace et rapide au séchage mais dégage des vapeurs qu'il vaut mieux ne pas respirer à pleins poumons. Il est donc bon de bien aérer le local. A défaut, la colle à bois blanche de menuisier convient aussi, mais la prise est plus lente. Dans ce dernier cas, il faut poser des poids sur la semelle (sacs remplis de sable par exemple) pendant la durée du séchage qui prend un certain temps. D'autres colles peuvent également convenir, mais personnellement, je m'en tiens à ces deux produits. Quant au polystyrène extrudé, la colle néoprène est à proscrire car elle ferait fondre le matériau. La colle à bois est par contre bien indiquée aussi.

 

Insonor 1 (Small)
Sur mon réseau, une première couche de liège de 2 mm d'épaisseur est d'abord collée sur l'assiette en multiplex à l'aide de colle néoprène. A l'avant-plan, on remarque un rouleau me permettant de maroufler le liège et ainsi bien le plaquer sur l'assiette en bois durant le séchage de la colle. 

Pourquoi du 2 mm d'épaisseur et pas du 6 mm ?  En contrecollant par-dessus une seconde semelle de liège de 4 mm d'épaisseur, j'obtiens ainsi une épaisseur totale de 6 mm qui correspond à l'épaisseur du polystyrène extrudé que j'utiliserai pour la simple voie qui partira de la gare. Cependant, le fait de disposer de deux couches de liège me donne la possibilité d'obtenir certains effets de niveaux. Par exemple dans les emprises du dépôt de locomotives entre deux voies relativement espacées, je peux découper le cas échéant la semelle supérieure de 4 mm pour ne laisser apparaître que celle de 2 mm. La petite dépression ainsi obtenue pourra me permettre de représenter une section de voie à ballast surélevé par rapport à son environnement direct qui peut être soit du gravier, soit une zone de terrain laissée en jachère et parsemée d'herbes folles et de buissons.


Insonor 2 (Small)

Ici, on voit la semelle supérieure de 4 mm posée par-dessus la première de 2 mm. Une longue latte métallique et un bon couteau à lame rétractable ("cutter" en franglais) sont souhaitables pour réaliser des coupes nettes.

 

18:43 Écrit par André S dans 09. Voie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : -voie_isolation phonique |  Facebook |

Commentaires

La pose de la voie - Partie 1 et ensuite? Andre,

Tres bel expose, tres beau travail.
Evidemment, je vais sans doute vite en besogne car le sujet suivra sans doute dans la partie 2, mais je suis curieux de savoir comment vous fixer la voie sur ces plaques de liege ou de polystyrène extrudé?

Écrit par : AlainUSA | 17/07/2008

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colle je me sers de la colle vendue pour la pose des toiles de verre au plafond:elle est thixotropée, donc ne dégouline pas mais on peut aussi la diluer si besoin , et c'est bien moins cher que la colle à bois ,pourtant de même composition

Écrit par : massard robert | 07/02/2009

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super comme appareil on peut avoir les dimension merci

Écrit par : vieilleribiere | 19/12/2013

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