03/11/2008

11/2008-1 - La voie - partie 7 : construction d'un aiguillage - l'usinage et la pose des divers constituants

Le démarrage

On fixe sur le patron, lui-même fixé sur une planchette bien plane, quelques traverses en époxy cuivré à l'aide de quelques clous. La longueur de ces traverses est au départ plus grande que ce qui est nécessaire. Elles seront coupées à bonne longueur plus tard.
Au commencement, il ne faut que quelques points de soudure car les premiers rails devront parfois être ôtés pour l'un ou l'autre ajustage.
Comme je l'ai mentionné dans la partie 3, il faut d'abord aligner un des deux rails extérieurs comme point de départ. S'il s'agit d'un aiguillage normal, je sélectionne de préférence le rail droit et je l'aligne à l'aide d'une latte métallique. Mais auparavant, quelques travaux préalables sont nécessaires.


Aig 1 (Medium)

Dans le cas de cette traversée-jonction double (TJD), j'ai aligné en premier lieu un des 2 rails extérieurs courbes. C'est le point de départ à partir duquel va s'articuler la suite des opérations.


Usinage des deux rails extérieurs

Avant de souder en quelques points le premier rail extérieur, il faut idéalement procéder à un évidement qui accueillera la lame d'aiguillage correspondante. On peut néanmoins se passer d'un tel évidement dans le champignon du rail à condition que l'extrémité effilée des lames soit très fine. Dans le patin, cette opération est incontournable.

Une fois l'emplacement du fraisage délimité, je passe à la confection de l'entaille qui doit être progressive. Pour cela, j'utilise successivement un touret à meuler et une lime plate. Une mini-disqueuse munie d'un disque au carborundum peut également faire l'affaire.

Evidement pour lame (Small)
Un des rails extérieurs fraisé prêt à recevoir sa lame. L'emplacement a été repéré en posant temporairement le coupon de rail sur le patron.



Les calibres

Il va de soi qu'il faut disposer d'outils pour fabriquer un aiguillage. En principe, il s'agit d'un outillage standard que tout bon modéliste possède, auquel il faut cependant ajouter un jeu de calibres de voie dont le but est de maintenair les rails au bon écartement et de calibrer les ornières.

Calibres 1 (Medium)

Les calibres sont certainement des outils peu répandus dans le commerce spécialisé.
Le calibre cylindrique en bas à droite est disponible chez Hobby-Ecke Schumacher qui vend par correspondance. On peut aussi piocher dans le catalogue Walthers aux Etats-Unis qui offre des calibres à 3 points en métal coulé provenant de 3 fabricants :
Micro Engineering Company (RailCraft), Kadee et Precision  Scale Co, comme celui figurant en haut à droite.

Les autres en forme de parallélipipède rectangle, je les ai acquis au fil du temps, certains achetés chez des fabricants aujourd'hui disparus, soit fabriqués sur demande sur base d'un plan que j'ai fourni.

Les trous percés dans les calibres permettent de bien fixer les rails sur la planchette de travail.


Une dernière solution est d'en confectionner à partir d'une tôle en laiton comme celui qui figure sur la photo suivante (au milieu).

Cal 4 (Small)
Pour info, il existe aussi des calibres pour les écartements H0m et H0e (les deux figurant en haut à gauche).
Tout à fait à droite, on voit une autre sorte de calibre plus précisément destiné à la pose de la pleine voie. 



Calibres 2 (Small)

Sur certains calibres, j'ai amputé une des deux pattes extérieures pour pouvoir ajuster l'ornière au niveau des lames, de la pointe de cœur et des contrerails.



L'ordre des opérations

Il y a un certain ordre à respecter pour fabriquer un aiguillage. Le point de départ est l'un des 2 rails extérieurs, de préférence le rail droit (dans le cas d'un aiguillage classique) que l'on ajuste à l'aide d'une latte métallique bien droite.

Considérons que les deux rails extérieurs comportent déjà leur évidement respectif et que l'angle des deux coupons de rail de la pointe de cœur est correctement usiné.
Je commence par mettre en place le rail extérieur droit à l'aide de quelques points de soudure et je pose ensuite l'un des 2 coupons de rail qui va former la pointe de cœur. C'est ici que les calibres interviennent pour obtenir le bon écartement, soit 16,5 mm.
Une fois posé le premier coupon composant la pointe de cœur, je passe au second.
Il m'est maintenant possible d'aligner le second rail extérieur (courbe dans ce cas-ci, puisque j'ai commencé par le droit) par rapport aux rails de la pointe de cœur.
Je m'attaque maintenant aux 2 pattes de lièvre. Une fois celles-ci mises en place, je termine en posant les 2 contrerails.

 

Reste la question des lames pour lesquelles il existe 2 solutions : avec ou sans charnière.

Avec une charnière, la lame est plus facile à actionner tandis que sans charnière, il faut vaincre l'élasticité de la lame, ce qui nécessite un moteur d'une certaine puissance. D'autre part, la charnière est source de perte de courant à cause de l'oxydation qui fait patiemment son œuvre et éventuellement de la peinture ou de la colle du ballastage. Pour obvier à cet inconvénient, je soudais un petit fil pontant la charnière, mais parfois il disparaissait suite à l'entretien de la voie. J'ai aussi utilisé une charnière composée de deux cordes à piano de très faible diamètre soudée sur l'âme des rails. Ca ne marchait pas trop mal !
En finalité, je donne ma préférence à l'absence de charnière et à la création de lames souples afin d'éliminer totalement ce problème de risque de perte de courant.


Un conseil : en prévision d'une rectification de la courbure du rail extérieur courbe en cours de fabrication, il est préférable de ne poser que quelques points de soudure afin de pouvoir repositionner le rail si nécessaire. Cette règle est d'ailleurs valable pour tous les éléments de l'aiguillage. Lorsque tout est ok, il est toujours temps de parfaire les soudures et de rajouter des traverses éventuelles.   

 

00:11 Écrit par André S dans 09. Voie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : -voie_appareils de voie |  Facebook |

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