24/12/2009

12/2009 - La voie : le ballastage

Un petit mot sur le ballastage de la voie me semble approprié étant donné son importance dans l'aspect final que présentera la voie.

Une fois les câbles d'alimentation soudés aux rails, les moteurs installés sous table, les commandes bifilaires posées, les rails et les traverses peints, je procède au ballastage de la voie, du moins dans cette partie du réseau. Ailleurs, j'aurai à poser des quais, des signaux, ou encore d'autres accessoires, avant le ballastage. Je procède ainsi par petites sections afin de ne pas avoir à ballaster trop d'un coup.

Afin de me faciliter le travail, j'ai bricolé  il y a un peu moins de 30 ans, une ballasteuse. C'était du temps où je bossais à la construction d'un grand réseau dans un club de modélisme. Vu le nombre impressionnant de mètres de voie à pourvoir d'un ballast, c'était amplement justifié.

En fait, grand lecteur de revues de modélisme ferroviaire, j'avais découvert un petit article dans l'excellent périodique Model Railroader, traitant de la fabrication d'une ballasteuse. Je me suis basé sur cet article pour fabriquer la mienne. Je l'ai un peu améliorée au fil du temps et elle m'a toujours donné satisfaction.
Le principe de fonctionnement est le suivant. Raccordée à un aspirateur, la ballasteuse aspire l'excédent de ballast. Le réglage de la force d'aspiration s'effectue soit à partir du variateur de vitesse de l'aspirateur, soit à partie d'un petit couvercle coulissant installé sur le tuyau d'aspiration. L'embout en forme de T que je fais coulisser le long de la voie comporte une fente.

Me doutant que certains seront peut-être désireux d'en savoir davantage, je signale qu'un article a été écrit en mai 2001 au sujet de cette ballasteuse sous la plume de Jeanine Teller. L'auteur n'a pas lésiné sur les explications et les schémas, bien mieux que je ne l'avais fait à l'époque dans la revue du club que je fréquentais. Vous trouverez ce reportage sur l'excellent site P'titrain : http://www.ptitrain.com/jide/toofoo/toofoo8a.htm .

 

 Ballastage 1
Ma ballasteuse, qui accuse 30 ans d'âge, est raccordée à l'aspirateur moyennant un raccord bricolé. Le bocal, intercalé entre l'aspirateur et l'embout en forme de T, sert à récupérer le ballast excédentaire. Il est assorti d'un lest constitué d'une boîte métallique remplie de mortier afin d'obtenir un poids suffisant, ce qui confère au bocal une bonne stabilité.

Il s'agit d'un assemblage qu'on pourrait qualifier de rudimentaire, mais il fonctionne à merveille et, apparemment, il n'existe aucune ballasteuse de ce genre dans le commerce. Grâce soit rendue à ce mystérieux modéliste américain, dont j'ai oublié le nom, qui, il y a fort longtemps, m'a fait part de son invention par le biais de la revue américaine Model Railroader.
 

  

Ballasteuse 1a
L'embout en forme de T que je fais coulisser le long de la voie comporte une fente. Il montre des signes d'usure tellement il a servi !


Bien sûr, il faut d'abord disposer d'un ballast approprié. Personnellement, je me procure parfois du ballast vendu dans le commerce sous diverses marques. Le choix ne manque pas.
Cependant, cela fait longtemps que je le fabrique moi-même en grande quantité. Le problème est de trouver le gravier brut qui convient. Il doit être assez anguleux de préférence. Ensuite, à l'aide de tamis divers, je procède au calibrage. Toutes les granulométries sont utiles, par exemple, les plus gros cailloux me servent pour créer le lit des rivières ou les abords d'une carrière. La dernière opération consiste à teinter les cailloux à l'aide de latex.

Je regrette de ne pas m'étendre davantage sur ce sujet, mais cela me demanderait trop de temps. Et puis, un grand choix existe dans le commerce de sorte que chacun peut y trouver son bonheur.

La colle que j'utilise actuellement provient de la gamme Woodland Scenics. Je l'apprécie particulièrement ; en outre elle est pratiquement prête à l'emploi. Certains utilisent de la colle blanche à bois diluée. C'est bon hormis le fait qu'elle est moins bon isolant acoustique. Personnellement, lorsque j'utilisais de la colle à bois, je diluais comme suit : un tiers de colle à bois vinylique et deux tiers d'eau. Le ballast ne doit pas devenir du béton ! Moins il y a de colle, mieux c'est pour le bruit et plus facile est la récupération de la voie en cas de besoin.
J'utilise aussi depuis longtemps du "Matte Medium" qui est une émulsion polymère 100 % acrylique séchant  mat et incolore. Il est normalement utilisé comme additif aux peintures acryliques. Pour l'utiliser comme colle de ballast, il faut le diluer à l'eau avec quelques gouttes d'agent mouillant (détergent pour vaisselle) afin de casser la tension superficielle de l'eau à raison d'une part de Matte Medium pour une part d'eau. Une astuce : la bonne dilution est trouvée lorsque la colle a la même fluidité que celle du lait. On trouve le Matte Medium dans les magasins de fournitures artistiques.

Voici l'ordre des opérations que je respecte en principe. La première opération est d'étendre du très fin gravier qui va représenter les abords des voies : par exemple les pistes que l'on voit souvent le long des voies. Le ballast proprement dit se trouve quant à lui sous et de part et d'autre des traverses jusqu'à une certaine distance.
J'utilise pour cette première opération du sable teinté. Ici aussi, on trouve un excellent choix dans le commerce.

 

Ballastage 1d
Divers sables et graviers très fins sont à ma disposition pour garnir les abords des voies.

 

Ballastage 1e
La première opération consiste à étendre du gravier très fin de part et d'autre des voies en essuyant bien le dessus des traverses. Ensuite, j'humecte avec de l'eau additionnée d'un peu d'agent tensio-actif (quelques gouttes de produit détergent pour vaisselle) et j'asperge ensuite de colle diluée. Celle-ci pénètre vite et profondément dans le gravier du fait que celui-ci a été aspergé d'eau. Je laisse bien sécher (jusqu'au lendemain) avant de passer l'aspirateur. Je passe ensuite à la seconde opération consistant à étendre le ballast calibré et à le coller en suivant la procédure décrite ci-dessus.

 

Ballastage 2

J'étends généreusement le ballast sur les voies : pas de problème pour la récupération du ballast excédentaire grâce à ma ballasteuse. Celle-ci  n'est pas absolument nécessaire et le ballastage peut être parfaitement réalisé à l'aide d'un fin pinceau, ce que je fais d'ailleurs à certains endroits. A l'aide du pinceau, je brosse le gravier jusqu'à dégager les traverses et les abords de la voie et je pousse ainsi le ballast le long de la voie. Ca prend juste un peu plus de temps.

 

Ballastage 3.JPG

 

La ballasteuse fonctionne et le débit d'air aspiré est réglé de telle sorte que le ballast aspiré est celui qui dépasse des traverses.


Ballastage 4.JPG

Sur les appareils de voie, étant donné que je ne peux pas encastrer l'embout sur les rails, celui-ci se situe plus haut par rapport aux traverses que lors du ballastage en pleine voie. J'augmente donc un peu la force d'aspiration.

Remarquez la dimension des cailloux par rapport aux traverses. Bien souvent, j'observe du caillou beaucoup trop gros sur certains réseaux.

 

 Ballastage 6.JPG

L'opération finale est évidemment la patine comme on le voit sur la photo ci-dessus : retouches de peinture sur les rails et patine générale souhaitée. Le travail n'est cependant pas terminé ici. Il reste à figurer une petite végétation qui commence à envahir les voies, car je suppose ici une faible fréquence du désherbage, et à poser un tas d'accessoires qui feront "vrai". 

 

Commentaires

Meilleures voeux pour 2010 Bonjour Monsieur Saenen, je profite de la lecture attentive de votre dernier article pour vous souhaiter une excellente année 2010 et encore vous remercier pour toutes les informations que vous nous apportez généreusement, grâce à vos nombreuses publications. Bien cordialement, François

Écrit par : François Bodart | 05/01/2010

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Monsieur Saenen
Je viens de découvrir votre "petit" monde en miniature, et je dois dire que je suis émerveillé et interpellé par autant de réalisme . Je me lance moi méme dans la réalisation d'un réseau bien modeste par rapport à vos réalisations (2m30X 1m30) . Je suis moi méme soucieux du détail , et j'ai souvent le défaut aux dires de mes proches de rechercher la perfection . C'est pourquoi je me permet de vous demander un petit conseil par rapport à la pose du ballast, et plus précisément du bruit généré par ce dernier une fois collé lors de passage de train .( je teste tout au fur et à mesure de l'avancement) . Je m'apperçois que le bruit est normal tant que le ballast n'est pas collé . J'ai bien posé mes voies sur une semelle de liége . J'ai bien compris que c'est la colle s'infiltrant entre les traverses et la semelle qui crée ce probléme . J'avoue rester impuissant et ne sait vraiment plus quoi faire . Je ne cherche évidement pas le silence absolu car ça ne serait pas non plus réaliste . J'en suis arrivé à me demander si je ne vais pas défaire à nouveau le ballast et laisser les rails à nues sur la semelle , mais cela serait dommage . Auriez vous une réponse ou un petit "truc" à me communiquer .
D'avance merci beaucoup , et encore bravo et merci pour communiquer et expliquer vos réalisations

Michel Besnard Bois colombes 92270

Écrit par : Michel Besnard | 20/03/2011

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Bonjour Michel,

Si le bruit résiduel est trop important, c’est que votre méthode est incorrecte.

Il y a deux paramètres à respecter.
Primo, la dilution de la colle, par exemple moitié eau, moitié colle à bois et jusqu’à deux tiers d’eau et un tiers de colle. Il faut obtenir une consistance identique à celle du lait.
Cependant la colle à bois ayant tendance à augmenter le bruit, cela dépendant du type de colle, je vous conseille de vous procurer de la colle pour ballast prête à l’emploi, par exemple la colle de Woodland Scenics référence S191 qui sèche matte et incolore et ne jaunit pas. Du “matte medium” que l’on trouve dans les magasins d’arts graphiques convient bien aussi.
Avant d’asperger la colle, une fine pulvérisation d’eau additionnée de quelques goutes d’agent tensio-actif (détergent pour vaisselle) est souhaitable.
Secundo, afin d’éviter que la colle ne vienne au contact de l’assiette de voie en bois – le contact avec la structure en bois formant une sorte de caisse de résonance – il faut d’abord recouvrir celle-ci d’un film isolant qui peut être constitué d’un film plastique adhésif, une couche de peinture imperméabilisante ou encore une fine couche de liège ou de polystyrène extrudé de façon à éviter une liaison acoustique ballast-assiette de voie.
Une remarque complémentaire : une fois la voie ballastée, j’enlève les clous qui ont servi à fixer la voie car ils deviennent superflus.

Ceci dit, il restera quand même un bruit résiduel au passage des trains, mais tout à fait acceptable et relativement réaliste. J’estime que ce n’est pas plus mal d’entendre passer les trains comme en réalité.

Allez, bon courage et persévérez dans vos efforts. Le succès est au bout.

Bien cordialement,

André Saenen

Écrit par : André Saenen | 26/03/2011

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Bonsoir André

Ouf , le probléme semble résolu en grande partie grace à vos explications sur votre blog . Merci beaucoup pour votre réponse . En attendant cette derniére , j'ai acheté du matte médium mais les différent esssais ne me semblaient pas à la hauteur . A force de naviguer sur la "toile", j'ai enfin trouvé un dépositaire vendant les produits , WOODLAND SCENICS ,en plus ils sont à dix minutes de chez moi . J'ai donc acheté la colle que vous préconnisée et du ballast de leurs productions , et la le résultat est enfin satisfaisant ,le ballast est beaucoup plus réaliste , la colle est effectivement préte à l'emploie et tellement plus facile à appliquer . Bien sur le bruit de roulement est encore présent mais plus "agréable" et puis un train ne faisant aucun bruit n'existe encore pas alors préservons le réalisme . Comme vous le conseiller dans votre réponse , je vais appliquer un isolant entre les traverses et la semelle de liége . Je ne me lasse pas de "parcourir" votre réseau et de lire vos explications . Je me permettrais surement de vous recontacter car je suis un débutant de 61 ans ,et je ne pense pas encore avoir fini à me poser des questions . Mais que tout cela est passionant .
Amicalement

Michel

Écrit par : Michel Besnard | 27/03/2011

Bonjour.
Impressionnant ...Très impressionnant votre magnifique reseau .Permettez-moi de vous en féliciter...Devant autant d'expérimentation je souhaiterais avoir si possible vos directives concernant l'alimentation de mon reseau antérieurement "ANALOGIQUE " que je souhaite passer en "NUMERIQUE "
Pour ce faire j'ai acquis la centrale LENTZ LZV 100 et la TELECOMMANDE LENTZ LH 100///
Mon circuit comportait 4 sections distincts alimentées chacune par un transfo FLEISCHMANN...J'ai supprimé 3 transfos afin de passer les sections concernées en numérique...

SVP ...Pourriez- vous me dire comment alimenter chacune de ces section à partit de la CENTRALE LENTZ... ;;;SECTION des fils d'alimentation ..ETC...
D'avance je vous remercie.
Bien à vous.

Écrit par : BONNOT | 26/01/2014

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Bonjour,

Quel que soit le nombre de sections de voie à alimenter, il faut les relier toutes pour n'en faire qu'une seule section. Les deux rails de cette unique section sont à raccorder aux bornes J et K de la centrale LZV100. La centrale elle-même doit être alimentée en courant. Pour cela, vous pouvez utiliser la sortie accessoires (16 v ~) de l'un de vos transformateurs Fleischmann et raccorder les deux fils aux bornes U et V de la centrale. Idéalement, le transfo doit avoir une puissance de 45 VA.
La section des 2 fils reliant les bornes J et K de la centrale et les 2 rails du réseau devrait être de 1,5 mm². Le mieux est de tirer un feeder composé des deux fils de 1,5 mm² le long du réseau et puis de repiquer à intervalles réguliers sur ce feeder avec du câble de 0,25 à 0,30 mm² pour alimenter les deux rails. En effet, il ne faut pas trop se fier aux éclisses qui peuvent s'oxyder avec le temps.
Ceci dit, faites attention aux cas particuliers comme la boucle de retournement. Dans tous les cas, il ne faut pas que le rail J se retrouve raccordé au rail K.
N'oubliez pas que les locos doivent toutes être équipées d'un décodeur DCC. Et aussi que chaque décodeur doit posséder son adresse propre. Pour programmer un décodeur, vous déposez la loco sur un bout de voie séparé que vous raccordez aux bornes P et Q de la centrale. Ce coupon de voie s'appelle voie de programmation.

Bonne continuation.

Écrit par : André Saenen | 28/01/2014

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