29/09/2013

09/2013-2 - Tableau de Contrôle Optique (suite du billet 07/2007-1 portant le même titre)

La question est souvent posée à l'heure actuelle, compte tenu de l'évolution rapide de la commande numérique, où règnent en maîtres la commande digitale, le bloc système et la gestion par ordinateur. J'ai donc personnellement remis sur l'établi cette épineuse question assez controversée sur les forums de discussion. 

Est-il encore nécessaire de créer des TCO ?

Il est supposé ici que les divers accessoires (aiguillages, signaux et autres) sont pourvus d'un décodeur d'accessoires (de commutation) afin de permettre leur commande via l'ordinateur équipé bien entendu d'un logiciel de gestion des trains. Il est également entendu que les voies sont divisées en sections pourvues chacune d'une détection de trains (par contact ou par consommation de courant) afin de permettre un bloc-système.

Une première réflexion s'impose. S'agit-il d'un réseau de petite taille ou de grande taille ? Ou plutôt, est-il possible à partir d'un endroit précis, en l'occurrence l'endroit où est installé le poste de contrôle par ordinateur, de voir la totalité du réseau ? 

Dans le cas d'un petit réseau, on dispose d'une bonne vue d'ensemble de sorte que les diverses commandes du réseau peuvent être assurées par l'ensemble que constituent l'écran, le clavier et la souris.

Par contre, et c'est mon cas, s'il n'est pas possible de voir la totalité du réseau à partir d'en endroit unique, des TCO s'imposent. On peut me rétorquer qu'avec une tablette, une interface adéquate et un routeur, il est possible de commander les divers accessoires du réseau et de gérer des itinéraires de trains. Je sais cela et j'ai d'ailleurs installé une telle commande sur mon réseau comme je l'ai explique dans mon billet "10/2012-1 - Les commandes baladeuses". Mais ça ne m'agrée pas entièrement pour les raisons suivantes.

Primo, je dépends totalement du bon fonctionnement de l'installation informatisée et cette idée me déplaît. Les appareils sont ce qu'ils sont et la fameuse Loi de Murphy s'applique souvent, surtout lorsque, c'est bien connu, il y a un visiteur. Une commande analogique des accessoires assistée par une simple commande digitale des locos est pour moi souhaitable.

Secundo, l'écran de ma tablette est malgré tout limité en dimensions. Je vous renvoie à la photo de mon schéma de voies dans Train Controller (mon logiciel de gestion de trains) pour que vous compreniez mieux. Cet écran ne pourra jamais remplacer les 2 grands écrans de 22 pouces (3 sont prévus) de mon ordinateur qui me sont nécessaires pour une vision confortable des éléments devant figurer à l'écran.

 

 

TCO 1.JPG

TCO 2.JPGCeci est le TCO de mon réseau créé dans Train Controller (logiciel de gestion de trains). Mon plan général montre des couloirs séparés par des arrière-plans à double face, ce qui permet de comprendre qu'il n'est pas question de commander ce "bazar" à partir d'un PC ou même d'une tablette. Pour les circulations automatiques, passe encore mais pour les manœuvres, ce n'est pas pratique du tout, c'est le moins qu'on puisse dire. Je rappelle que mon réseau représente l'époque 3 comportant beaucoup de cours aux marchandises, d'entreprises raccordées au rail, de nombreux trains de desserte, etc., donc beaucoup de trains à piloter manuellement et qu'il est en outre du type "point to point", d'où la configuration que j'ai donnée au réseau.

N. B. : Ce schéma n'est pas à jour.

  

Bref, je pourrais encore évoquer d'autres arguments mais je préfère passer tout de suite à ma conclusion, résultat de moultes cogitations.

C'est ainsi que j'ai décidé de poursuivre la construction d'une série de petits TCO à disposer à différents endroits situés respectivement le plus près possible de la zone contrôlée par le TCO correspondant. J'ai déjà dit quelque part que cette idée m'avait été inspirée par un de mes maîtres à penser, Jacques Le Plat, créateur du concept "modélisme d'atmosphère". Cette disposition permet de commander in situ de façon confortable locos, aiguillages, signaux et dételeurs avec une vue optimale sur les opérations.

J'ai également décidé de combiner les deux sortes de commande : manuelle et via ordinateur. En effet, je compte exploiter mon réseau de plusieurs façons :

- Totalement automatique, c'est-à-dire gestion totale par le logiciel TC.
- Semi-automatique version 1 (ma préférée), c'est-à-dire gestion par TC des circulations automatiques sur voies principales et gestion manuelle ailleurs (sur les nombreux embranchements et voies de débord où la commande des trains et accessoires est purement manuelle).
- Semi-automatique version 2, c'est-à-dire gestion par TC des aiguillages et signaux et gestion manuelle des convois par l'opérateur, celui-ci étant bien entendu sommé de respecter les signaux rencontrés sur sa route. C'est ce type de gestion qui ressemble évidemment le plus à ce qui se passe en réalité.
- Totalement manuelle (pour jouer, quoi !), seul ou à plusieurs (le réseau est suffisamment vaste). Ca me plaît aussi de pouvoir, quand ça me chante et sans mettre en fonctionnement l'ordi et TC, sortir une loco et la tester sur le réseau, accrocher des wagons, faire un bout de trajet, etc. au gré de ma fantaisie.

Je signale en passant que la commande manuelle des accessoires est analogique et ne passe pas par l'ordi, c'est-à-dire que les boutons-poussoirs ne renvoient pas une info à l'ordinateur qui en retour enverrait un ordre aux décodeurs d'accessoires. Ce serait incohérent puisque je veux pouvoir gérer le réseau sans allumer l'ordi. Les décodeurs ESU et Lenz que j'utilise permettent en effet une commande analogique en parallèle par boutons-poussoirs ou interrupteurs.

La petite étude que je soumets ici est loin d'être exhaustive car le sujet est complexe. Ce billet est donc susceptible d'être révisé et complété. 

 

Quelques images maintenant. A noter que la partie du réseau frontalier présentée ici est la partie allemande et les signaux sont en majorité des signaux mécaniques à 2 ou 3 positions.

 

 

IMG_6664.JPG

Mon premier TCO datant de 2010 et représentant la partie Est de la gare en cul-de-sac de Coksdorf, station terminale de la ligne 21 à voie unique. La partie Ouest vient d'être remaniée et son TCO est en cours d'élaboration.

 

 

 

TCO STD W.JPG


TCO de la partie Ouest de la gare de Stahldorf. L'autre extrémité, la partie Est, est en cours de réalisation. 

 

Je crois qu'un petit mot d'explication sur les couleurs utilisées n'est pas de trop.

Les voies en vert sont des sections pourvues d'une détection (par consommation de courant), celles en gris (il y en a 2, GA 1et GA 2)) sont des zones d'aiguillage où la détection des trains est effective, celles en noir sont des voies de débord à commande manuelle uniquement et celles en bleu sont des voies d'entreprises raccordées, également à commande manuelle uniquement.

Tous les appareils (signaux et aiguillages) en relation avec un itinéraire automatique sont nécessairement raccordés via un décodeur pour pouvoir être pris en charge par l'ordinateur. Ils sont repérés par un numéro blanc sur fond vert (aiguillages) ou jaune sur fond rouge (signaux). Chaque signal ou aiguillage possède néanmoins ses commandes manuelles : bouton-poussoir noir pour les aiguillages ; bouton-poussoir rouge, vert, jaune ou blanc pour les signaux.

On peut également voir des interrupteurs. Ceux situés à l'extrême-droite sont des inverseurs monopolaires à 2 directions mais avec rappel en position haute. Si j'abaisse le levier, je vois apparaître sur l'écran d'un afficheur l'adresse de la loco située sur la voie correspondante. J'ai mis au point ce système sur base de RailCom (communication bidirectionnelle créée par Lenz) vu le nombre de locos censées se trouver sur le réseau. J'ai une bonne mémoire mais je renonce à me rappeler l'adresse de chaque  machine. Les autres interrupteurs situés vers le milieu sont destinés à commander des dételeurs magnétiques (système Kadee) escamotables à commande par servomoteur. J'en parlerai à une autre occasion.

Encore un mot : les aiguillages A01 à A06 étant actionnés par un servomoteur, j'ai été obligé de prévoir 2 boutons-poussoirs à chaque bifurcation excepté sur les bretelles de liaison A01-A03 et A01-A02. J'ai tenté d'avoir l'équivalent de la matrice à diodes avec commande capacitive utilisée pour actionner les moteurs à solénoïdes mais ce n'est pas possible à moins de renoncer au paramétrage individuel des servos, ce qui est justement leur atout principal. Les servos commandés par un même bouton-poussoir auraient tous le même comportement.

 

-tableau de commande optique_analogique ou digital

A droite, la partie Est de la gare en cours de dessin.

A gauche, le panneau qui stipule les attributions des voies et les pictogrammes explicatifs. Chaque TCO aura son panneau explicatif.

 

 

Je vous présente maintenant le TCO du dépôt de locomotives de la grande gare de Kugelstadt avec toutes ses entrailles.

TCO 1.JPGLe côté face avec tous ses boutons et interrupteurs.
Ici, une nouvelle couleur apparaît, le vert clair dont le but est d'indiquer que la section de voie colorée permet l'identification automatique de l'adresse de locomotive avec notification directe à l'ordinateur.

 

Cette sorte de détection d'adresse est possible grâce au matériel proposé par la firme Tams. L'adresse détectée est immédiatement envoyée vers l'ordinateur via une connexion USB. Il est donc possible, sans aucune manipulation au clavier, de faire connaître à TC l'adresse d'une loco sortant d'une zone manuelle et entrant dans une zone gérée par TC. Jusqu'à présent, 5 zones de cette sorte existent sur le réseau.

C'est utile si l'on pense que je peux me trouver à une extrémité du réseau, loin du PC, et que je fais passer une loco d'une zone manuelle, par exemple le raccordement cokerie à Coksdorf, à une des 6 voies gérées par TC, lequel ne peut évidemment connaître avec certitude l'adresse de toute loco entrante dans son domaine.

Prenons un autre exemple, le dépôt. Une loco sort du domaine géré par TC et entre au dépôt. Ensuite, je fais sortir une autre loco et la fais pénétrer dans le domaine de TC. Celui-ci ne peut évidement deviner tout seul l'adresse de la loco entrante. Il faut la lui communiquer.

Je dois chaque fois expliquer cela aux modélistes qui, spontanément, me disent péremptoirement, sur un forum ou un autre, que c'est inutile et qu'il est bien plus simple d'encoder l'adresse de la nouvelle loco à l'aide du clavier. Mais oui, ils ont raison ... avec leur réseau de dimensions courantes qu'ils peuvent embrasser d'un seul regard, assis confortablement devant leur ordi ! Chez moi, cependant, je n'ai pas envie de courir d'un bout à l'autre du réseau à chaque fois qu'il faut renseigner une adresse à TC, car cela peut faire de 10 à 15 mètres.

 

 TCO 2.JPGVue de profil pour montrer l'encombrement réduit. Le bandeau de ceinture du réseau n'est pas encore en place.

 

 

 

TCO 3.JPGJ'ai fait en sorte de rendre les TCO amovibles à la façon d'un tiroir. En déconnectant les câbles d'arrivée et départ (connecteurs D-SUB à 25 pôles) plus les câbles d'alimentation (connecteur à 6 pôles non encore raccordé), on peut aisément retirer le TCO et le déposer à l'établi pour une modification ou réparation éventuelle.

 

 

 

TCO 4.JPGVoici une autre vue montrant le TCO retiré de son logement. On voit à droite une matrice à diodes et une décharge capacitive car les moteurs d'aiguillages du dépôt sont tous des moteurs à solénoïdes. Une matrice à diodes s'imposait donc avec réduction conséquente des boutons-poussoirs et protection de ces derniers.

 

 

Pour l'instant, j'ai encore à l'établi 2 TCO sans compter les afficheurs d'adresse et les plaquettes XpressNet pour connexion des commandes baladeuses Lenz. Le reste suivra ensuite petit à petit.

24/09/2013

09/2013-1 - Fabrication d'arbres et buissons : culture du zeeschuim

Au vu de ma réserve de zeeschuim, j'avais décidé, l'année passée, de rééditer au cours de l'an suivant une culture de cette plante afin de disposer d'un stock suffisant de cette dernière pour mes futures plantations arborescentes.

A l'intention de ceux qui ne connaissent pas le zeeschuim : le nom commun en français est "écume de mer" et le nom scientifique, "Teloxys Aristata". Cette plante, une fois cueillie, constitue une base intéressante pour la confection d'arbres et de buissons.

Cette année, je n'ai pas semé trop tôt et je n'ai donc réalisé mes semis qu'au début du mois de juin dans une terre légère améliorée à l'aide de terreau. Les graines vraiment minuscules étaient mélangées à du sable fin pour une meilleure répartition.

 

-décor_fabrication arbres

Vers le 25 juin, on apercevait déjà les premières pousses mais il fallait regarder de près. J'ai attendu de nombreux jours avant d'observer les premières germinations. Il est vrai que la température n'était pas clémente ! J'ai en tout cas veillé à maintenir une bonne humidité dans la terre car c'est primordial.

 

 

-décor_fabrication arbres

Cette vue rapprochée montre mieux les petites plantules encore fragiles. A noter que la germination est assez aléatoire et que certaines graines germent tardivement. On voit de toutes petites plantules qui viennent de sortir de terre et qui ne possèdent encore que les deux feuilles cotylédonaires. On voit aussi parmi les plus grandes quelques plantes indésirables dont j'ai notoirement raccourci l'existence car je leur ai fait une impitoyable chasse !

 

 

-décor_fabrication arbres

Nous voilà au 15 juillet et, pas de doute, ça pousse ! La répartition inégale des graines lors du semis explique les différences de population dans les bacs. Elles ont si petites !

  

Vu la taille des plantules, je vais m'attaquer maintenant aux opérations de repiquage pour permettre aux plantes une croissance plus libre.

  

 -décor_fabrication arbresAujourd'hui, c'est le 23 juillet. Trois jours se sont écoulés depuis la transplantation des plantules que l'on voit ici. On voit que celles-ci commencent à se remettre du repiquage qui est un traumatisme pour la plupart des plantes, certaines ne le supportant carrément pas. Ici, la terre est assez lourde (argileuse) mais les plantes s'en contentent.

 

 

-décor_fabrication arbres

S'étant prise de compassion pour moi et mes plantules, mon épouse a décidé de m'épauler dans les opérations de repiquage (un peu fastidieuses, dois-je avouer). Il faut dire qu'elle a à la fois une aptitude de bonne samaritaine et la main verte. Une semaine s'est écoulée depuis la transplantation et les plantes semblent toutes bien remises de l'opération.

 

  

-décor_fabrication arbresUne série de plantes en cours de transplantation à un autre endroit. Ici aussi, la reprise est bonne.
Mon épouse n'a pas hésité à prendre la bêche et agrandir l'espace disponible !  ::)

 

 

J'ai compté à la grosse louche et il doit bien y avoir entre 400 et 500 plantes qui ont été repiquées. De quoi faire de beaux arbres et arbustes à profusion et ... à moindre coût !

 

Avis aux jardiniers amateurs :

Pour aider les plantes lors d'une transplantation, il est bon de tremper les racines de la plantule fraîchement retirée de son pot dans un bain de boue. On dépose ensuite délicatement la petite tige et ses racines dans un trou préalablement creusé à l'aide d'un plantoir. On termine par un second coup de plantoir juste à côté de la plante pour bien mettre celle-ci en contact avec la terre et enfin on ajoute une bonne rasade d'eau. Ce procédé accélère notablement la reprise.

 

 

-décor_fabrication arbresAujourd'hui, 3 septembre, soit 3 mois après les semis en bacs, le zeeschuim est prêt à être récolté pour une partie. Cependant, je vais attendre encore un peu. Les plantes devraient virer au rouge ce que font d'ailleurs déjà certaines d'entre elles. Le soleil rasant de fin de journée éclaire bien les plantes.

  

-décor_fabrication arbresIci, de concert avec des plants de poivrons et de tomates, l'exposition au soleil était également partielle mais le résultat final est très bon. Evidemment, les plantes indésirables en ont profité également.

Encore un mot pour ceux qui seraient tentés par la culture de cette plante.
Quelques plantes ayant été transplantées dans des endroits plutôt ombragés, j'ai constaté que leur croissance a été moins bonne en comparaison de celles ayant connu un bon ensoleillement.

Un conseil donc, ces plantes adorent le soleil. Quant aux arrosages, j'ai veillé à ce que les plantes aient à boire durant le début de leur croissance. Une fois les racines bien développées, j'ai nettement espacé les arrosages et, vous le savez, il n'a pas beaucoup plu. Finalement, je n'ai plus arrosé durant le mois d'août qui vient de s'écouler.

 

La récolte a eu lieu et voici le résultat.

-décor_fabrication arbres
-décor_fabrication arbresCinq caisses dont une très grosse ont été nécessaires pour entreposer la récolte de l'ordre de 400 à 500 plantes de zeeschuim. L'année 2013 est donc pour moi une excellente année grâce notamment à l'été sec et chaud.

 


-décor_fabrication arbresA titre d'exemple, voici quelques arbres fabriqués à partir de zeeschuim.
J'ai de quoi faire durant la saison froide qui n'est pas loin !