Création d'un relief en coquille

12 mai 2012

 

Le relief en coquille est la traduction de l'expression anglaise (ou plutôt américaine, je crois) "hardshell scenery", une méthode de création de relief chère aux modélistes américains depuis très longtemps. C'est d'ailleurs dans une publication américaine Model Railroader que, jeune modéliste enthousiaste mais inexpérimenté (au début des années 1960), j'ai pris connaissance très tôt  de cette technique alors qu'en Europe, on pratiquait encore un modélisme plutôt désuet. Je n'ai pas hésité à l'adopter et à la mettre en pratique non sans quelques adaptations comme l'utilisation d'un treillis métallique pour façonner la base du relief plutôt que des bandelettes de carton agraphées ensemble ainsi que l'emploi d'enduit à base de pâte de papier en remplacement du plâtre afin de disposer de plus d'épaisseur.

Je vous livre un petit reportage afin de vous présenter ma méthode.

 

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A cet emplacement à l'étage +1, il y avait un module qui faisait un quart de cercle. Seules la voie et le câblage avaient été réalisés. Nous l'avons enlevé pour débuter les travaux de décoration. Un autre suivra.

 

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Le premier travail a été de confectionner un panneau d'arrière-plan intermédiaire qui épouse celui qui est fixé sur les colonnes et est resté en place. Il fallait en effet un support pour installer les petites cales en bois sur lesquelles serait agrafé le treillis. Je l'ai découpé afin de donner l'allure générale du relief ainsi que je l'avais déjà fait pour le bandeau de façade. Le treillis est tel qu'il est facilement mis en forme tout en restant suffisamment solide pour résister au poids des bandes plâtrées et de l'enduit fibreux qui le recouvriront.


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Richard est à l'œuvre.

Une fois le treillis fixé sur les cales en bois et mis en forme, on le recouvre de papier fort, en l'occurrence des morceaux de sacs de pellets assez résistants mis de côté à cet effet. Le but est d'empêcher que des coulées de plâtre ne passent à travers les mailles du treillis.

Il faut également prendre soin de créer une protection de la voie à l'aide de papier cache pour peintre.

Remarquez l'intervalle existant entre le treillis et les bords supérieurs des panneaux avant et arrière. C'est qu'il faut prévoir un espace suffisant pour le remplir de pâte de papier. Je choisis à dessein de créer une coquille de bonne épaisseur, disons 1 cm en moyenne, car j'aime "planter" mes arbres en forant un trou dans la coquille et y enficher le pied de l'arbre en l'accompagnant d'un goutte ou deux de colle. Du reste, une telle coquille est capable de résister à une certaine pression à tel point que l'on peut presque y enfoncer un clou à coups de marteau.

 

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Voici les ingrédients de base pour créer la première couche de la coquille à l'aide de bandes plâtrées.

Un procédé plus simple consiste à utiliser des bandes plâtrées toute préparées comme celles qu'on peut trouver en pharmacie. Leur coût est hélas prohibitif lorsqu'il s'agit de grandes surfaces.

Dans le cas présent, je préfère me servir de serviettes en papier ou mieux de coupons de rouleaux de papier essuie-tout trempés dans du plâtre liquide. J'utilise personnellement du plâtre de plafonnage qui est avantageux en prix et dont la durée de prise permet de le travailler à son aise.

 

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Le coupon de papier est trempé dans le plâtre liquide et ensuite ....

 

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... posé délicatement sur la coquille par les mains expertes de Richard.

 

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Les doigts sont un bon outil pour étaler les bandes plâtrées. Un seau d'eau propre à portée de main n'est pas superflu si l'on veut se débarbouiller de temps en temps les mains.


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Le travail avance bien et touche doucement à sa fin.

 

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Si des faiblesses sont constatées dans la couche de bandes plâtrées, on peut y remédier au moyen de plâtre semi-liquide étalé au pinceau, ce que fait justement mon autre aidant Joseph.

 

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Le travail est achevé et il n'y a plus qu'à attendre que le plâtre effectue sa prise qui dure entre une demi-heure et une heure.

 

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Lors de sa prise, le plâtre rejette l'eau excédentaire qui ruisselle sur l'assiette de voie. Il faut éviter que celle-ci ne soit trempée d'eau et je me sers d'un essuie-tout pour éponger l'excédent.

 

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Le temps est venu de passer à l'étape de l'enduisage final avec la mixture de pâte à papier dont j'ai donné la composition dans un autre billet.

 

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Ici aussi, les mains sont utiles pour modeler la pâte, que ce soit directement avec la paume ou avec une palette, c'est du moins l'avis de Richard. Celui qui rechigne à mettre les mains "à la pâte" - c'est le cas de le dire - peut utiliser bien sûr tout outil qu'il jugerait opportun. A chacun sa méthode.

 

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Une palette convient néanmoins mieux si l'on désire sculpter un brin la pâte. Personnellement, j'effectue souvent la sculpture finale lors de l'opération de rebouchage des fissures due à la rétraction. Il est facile de découper la pâte de papier séchée pour y intercaler par exemple un rocher en plâtre moulé et en général pour toute modification ultérieure.

 

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La poursuite du travail n'empêche pas la conversation entre mes deux aidants et la bonne humeur règne comme comme il est de règle lors de nos réunions.

Ici, pendant que l'un, toujours muni de ses outils préférés, termine l'étalement et le modelage de la pâte, l'autre étale une couche de latex brun convenant mieux comme fond pour la future végétation.

 

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Le travail est complètement achevé et le module est reposé à son emplacement pour un séchage prolongé.


 

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Le second module a pris la place du premier sur le plan de travail. Les mêmes opérations que sur le premier module sont effectuées.



Il reste quelques opérations à effectuer comme le rebouchage des fissures qui ne manqueront pas de se produire lors du séchage à cause de la rétraction de la pâte et bien sûr le colmatage des joints entre modules ou la peinture et la patine des rochers si toutefois j'en crée.

Avant la repose finale et définitive, les modules seront de nouveau ôtés pour d'autres travaux tels que la confection d'une végétation adéquate ou la pose de l'une ou l'autre construction, par exemple.


Écrit par André S Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

bonsoir
beaucoup de chose a decouvrir
c'est magnifique
grace a vous je peu me lancer avec confiance encore merciet a bientot
francki

Écrit par : dargery | 29/12/2014

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Bonjour,
j'ai toujours plaisir à voir et revoir vos articles, un peu comme un bouquin déjà plusieurs fois lus, mais que l'on reprend quand même.

Il est vrai que je me désespère de ne pas avoir de nouvel opus à me mettre sous la dent, mais j'espère surtout que malgré tout vos passions modélistes restent intactes.

Très cordialement.

Écrit par : grandjean | 25/03/2016

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