20/07/2013

07/2013 - Remaniement de la gare de Coksdorf côté Ouest

 

J'en avais déjà parlé sur un billet parlant de l'éclairage de la salle 1. Il s'agit du remaniement de la gare de Coksdorf et plus précisément du gril d'aiguillages équipant le côté Ouest de la gare. L'ancienne mouture, bien que fonctionnelle, me laissait sur la faim et, je l'ai déjà dit, quand un aspect du réseau s'évertue à me titiller désagréablement, je n'hésite pas à recommencer l'ouvrage. C'est ainsi que j'ai complètement revu ce gril en question.

Un des points notoires est l'ajout d'une bretelle permettant de gagner toutes les voies de la gare en partant du long tiroir de manœuvre, évitant ainsi un rebroussement en pleine voie pour accéder aux voies 1 et 2 comme c'était le cas auparavant (voir à ce sujet le billet 12/2008-1).

Créer un tel gril n'a pas été une chose facile à cause principalement du tunnel à traverser. Installer tout le gril après la sortie du tunnel aurait raccourci sérieusement la longueur de certaines voies ; d'autre part, il n'était pas possible de passer avec plus de 2 voies parallèles dans le tunnel. Par ailleurs, l'emploi d'aiguillages à rayon standard et angle de 9° 30 aurait imposé un gril à angle d'ouverture trop grand avec contrecourbes de correction disgracieuses. J'ai donc utilisé quelques aiguillages de très grand rayon.

 

Bref, la première photo montre que j'ai réussi le challenge en gardant une longueur utile des voies en général égale ou supérieure à 3 m, ce qui faisait partie du cahier des charges (longues rames de coke ou de charbon).

 

CKD 0.jpg

Le plan général des voies du gril Ouest de Coksdorf.

 

 

 

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Le gril d'aiguillages de CKD ouest. Au fond à gauche, on distingue le tiroir de manœuvre (voie 14) qu'emprunteront systématiquement les trains de manœuvre de et vers la cokerie. On voit que la TJS donnant accès à la bretelle de liaison permet maintenant aux trains d'atteindre toutes les voies de la gare. J'ai finalement dû scinder ce bel ensemble en deux parties car il ne passait pas tel quel à travers l'ouverture pratiquée dans le mur.

 

 

CKD 4.JPG

La partie réservée à la salle 1 après scindement du gril en 2.

La motorisation des aiguillages est adaptée à la configuration environnante comportant un tunnel et des voies souterraines passant sous le gril. Poser de façon classique  des moteurs directement sous la table de roulement aurait conduit ultérieurement à un accès impossible ou en tout cas malaisé pour la plupart des moteurs. Et, bien entendu, en cas de panne de moteur, la bien connue Loi de Murphy aurait été d'application, à n'en pas douter ! J'ai donc décidé d'installer des tringles de renvoi permettant de regrouper les moteurs dans un endroit facile d'accès.

 

 

CKD 5.JPG

Les tringles de renvoi sous table sont orientées de façon à regrouper les moteurs en deux ensembles situés de part et d'autre du mur. Les tringles et leur support n'ont guère d'épaisseur, dégageant ainsi le dessous de l'assiette où passent quelques voies souterraines.

 

 

 

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J'ai installé sur l'ensemble situé dans la salle 1 des moteurs d'aiguillage Peco prélevés sur le stock subsistant. Ils sont équipés d'un inverseur Peco ou maison selon le cas comme expliqué dans mes billets 03/2009-1 et 09/2009-1. On remarque les tringles émergeant du dessous de l'assiette de voie !

 

 

CKD 8.JPG

Les 5 moteurs de l'ensemble sont regroupés à l'arrière pour un accès aisé. Ils seront bien sûr cachés derrière le décor en forme de paroi rocheuse. Les décodeurs de commutation (LS150 de Lenz) se trouvent installés un peu plus bas que les moteurs d'aiguillage sur une planche ad hoc. La câblerie est ainsi limitée en longueur.

 

 

CKD 9.JPG

De l'autre côté du mur, le second ensemble ne compte que 3 moteurs. Il s'agit de moteurs Seep (Gaugemaster) PM-1 ou PM-4 qui remplacent à un moindre coût les Peco. Ils comportent d'origine un inverseur alimentant la pointe de cœur. Ils seront camouflés dans un bâtiment en béton du futur port fluvial situé en contrebas. Etant donné que les connecteurs (appelés couramment raccords de lustre) que l'on voit ici – j'en possédais quelques-uns - se sont révélés non fiables du fait que les broches mâles ne peuvent être fermement serrées par une vis sur le bornier femelle, ils seront  donc remplacés par des connecteurs du type mâle-femelle nettement plus professionnels que j'ai déjà présentés dans un billet et dont j'ai testé la fiabilité. N'en ayant pas rachetés vu leur prix un peu élevé, j'en ai finalement dénichés sur le Net à un prix compétitif. Du coup, je vais généraliser ce type de connexion rapide.

Le futur tunnel destiné à camoufler autant que possible le mur de séparation des 2 locaux laissera passer non seulement des trains mais aussi des voitures et camions. En effet, une route longera les voies à cet endroit et empruntera également le tunnel.

 

 

 

CKDS 10.JPG

Les 2 ensembles amovibles supportant les aiguillages du gril sont remis en place et le raccordement définitif peut être effectué. Mais avant cela, je vais procéder à la pose de dételeurs électromagnétiques Kadee au début des voies 1 à 6.

Ce sera l'occasion de vous parler de ma dernière innovation : les dételeurs magnétiques Kadee montés sur charnière et commandés par servomoteur.

Du coup, j'enchaînerai avec quelques explications sur les servomoteurs et leurs applications à la commande d'aiguillages, signaux et dételeurs. Je me suis en effet dédié ces derniers temps à l'étude de la signalisation et des opérations de dételage, ce qui m'a de facto entraîné fort loin sur la piste des servomoteurs et décodeurs associés et l'étude de la vraie signalisation mécanique allemande. Cela a été plus ardu que je ne pensais mais le but est atteint.

Ah oui, pour vous prouver que je n'ai pas chômé depuis mon dernier billet, je vous parlerai aussi du dépôt en cours de finition et qui est maintenant fonctionnel. Ce faisant, je vous toucherai également un mot sur les 3 TCO dont j'ai dessiné les plans et qui verront bientôt le jour sans oublier de vous montrer, futur décor oblige, mes plantations de Zeeschuim pleines de promesses.

 

07/09/2009

09/2009-1 - Les moteurs d'aiguillage - partie 3

Je termine ici l'exposé sur les moteurs d'aiguillage en touchant un mot de leur pose sous la table de roulement.

En principe, poser les moteurs sous la table ne présente guère de difficultés, sinon celle de trouver la bonne position du moteur pour que l'effort appliqué aux lames d'aiguillage via la tringlerie de renvoi soit bien équilibré, ce qui, avec un peu de pratique, devient finalement aisé.

Bref, tout allait bien jusqu'au moment du câblage électrique de ces moteurs : 6 câbles au total dont 3 pour la commande des 2 bobines et 3 pour l'inverseur alimentant la pointe de cœur.
On ne peut penser à tout, bien que mon expérience antérieure aurait dû me rappeler à l'ordre. C'est ainsi que, dans le cas présent, du fait de la position de certains moteurs, je me suis aperçu qu'il ne m'était pas possible de voir l'intérieur des bornes de raccordement si bien que je devais tâtonner pour introduire chaque câble dans son logement avant de serrer la vis. Je me suis vite lassé de cette énervante recherche et, sachant que mon fichu caractère allait bientôt me pousser à certaines extrémités regrettables, je décidai rapidement d'adjoindre à l'établi un second bornier au moteur, avant son placement sous la table, de sorte que ce dernier puisse être orienté de la bonne manière.

 

Mot 3

Le moteur figurant sur cette photo est bien orienté et l'espace est suffisant pour que je puisse pousser ma tête de côté afin de bien voir les ouvertures du bornier. 

 

 

Mot 4

Par contre, ici, pas moyen de bien distinguer les ouvertures du bornier du fait de l'obstacle que représente l'assiette de voie souterraine. On voit l'ajout d'un second bornier (à l'établi bien sûr) que je peux orienter comme je le désire pour un câblage aisé.

Bien que cette solution se soit révélée pratique à l'usage, elle ne me satisfaisait pas complètement. Je me suis résolu en finale à me procurer des borniers composés de deux parties, l'une femelle et l'autre mâle. 

 

Mot 2

 Mot 1 

Le moteur d'aiguillage est maintenant équipé d'un bornier femelle dans lequel vient se loger le bornier mâle très facile à raccorder puisque totalement libre avant son enfichage. Cette solution me plaît : c'est propre, c'est net, c'est pratique .... mais cela a un coût. Je réserve donc ce type de moteur pour les endroits sensibles qui ne sont quand même pas légions.

 

Voici donc un problème de réglé et il ne me reste plus qu'à terminer le câblage.

16/03/2009

03/2009-1 - Les moteurs d'aiguillage - partie 2

Suite à la première partie (post "02/2007  - Les moteurs d'aiguillage - partie 1"), je reprends le sujet car j'ai apporté quelques modifications aux moteurs. D'autre part, je compte parler un peu de photogravure.



Mot aig 1 (Small)

Avant toute chose, je me suis attelé à la création d'une commande d'aiguillage "bricolée " en vitesse, comportant deux inverseurs et l'ai soumise à divers tests. Ce n'était pas la première commande du genre que je bricolais, mais j'en voulais une neuve pour équiper tous les aiguillages de mon nouveau (et dernier) réseau. 

 

 


Les tests effectués s'étant révélés concluants, Joseph et moi nous sommes attelés à la création d'un modèle un peu plus "professionnel" faisant appel à un circuit imprimé. La première chose à faire était évidemment de confectionner le calque pour les besoins de la photogravure, ce qu'a volontiers fait mon précieux aidant Joseph. 

 

Mot aig 2 (Small)

Le circuit imprimé au sortir de la photogravure. 

 

 Mot aig 4 (Small)

L'envers du décor. La fixation sur le dessous de l'assiette de voie se fait au moyen de 4 vis assorties de rondelles en plastique qui font office d'intercalaires afin que les protubérances constituées par les soudures ne soient écrasées sur le bois, cela évitant toute déformation éventuelle de la plaquette époxy lors du vissage. 


 

Mot aig 3 (Small)

Le moteur Peco, les 2 inverseurs et le renvoi d'angle montés sur le circuit imprimé.

 

mot aig 4a (Small)

La fixation des composants sur la plaquette époxy est automatiquement réalisée par les liaisons électriques entre composants et plaquette. L'astuce consiste à utiliser des aiguilles de couturière comme câbles rigides de liaison électrique. C'est rapide à installer, propre et costaud.
Concernant les aiguilles, pour une fois, je me suis procuré de la "camelote". En effet, les aiguilles doivent être de mauvaise qualité et relever plutôt du fer que de l'acier. L'avantage ainsi obtenu est que la soudure est aisée et tient bien, car, comme chacun le sait, l'acier se soude mal à l'étain.
 


Grâce aux éléments standards, le montage complet d'une commande d'aiguillage est relativement aisé et rapide et c'est mon second aidant Richard, tout aussi précieux que Joseph, qui s'est chargé d'assembler toute une série de commandes. Soit dit en passant, c'est quand même chouette d'avoir 2 potes aussi serviables !

Le moteur présenté plus haut convenait très bien à ma gare souterraine car j'avais besoin de disposer de 2 inverseurs dont l'un pour la pointe de cœur de l'aiguillage et l'autre pour une rétrosignalisation de la position de l'aiguillage sur le TCO.

Par la suite, j'ai découvert un moyen d'obtenir ces 2 effets avec un seul inverseur grâce à un petit montage simple dont je parlerai plus tard. Du coup, à partir de la même plaquette, j'ai créé un second modèle de moteur comportant un seul inverseur, ce qui abaisse d'autant le prix de revient.

 

 

Mot aig 5 (Small)

Voici côte à côte le premier modèle à 2 inverseurs Peco (à gauche) et le second modèle à 1 inverseur (à droite). Ce dernier inverseur est différent de l'inverseur Peco et je l'ai trouvé dans le commerce d'articles électriques et électroniques. Son prix de revient est moins élevé que celui du Peco et de plus les contacts sont internes au boîtier ce qui les protège des poussières. Ceci dit, je dois dire à la vérité que les contacts du moteur Peco sont d'une haute qualité et ont toujours conduit le courant malgré le fait qu'ils soient à l'air libre. 

  

 mot aig 6 (Small)

L'unique inverseur en position contact fermé.
  

 

Mot aig 7 (Small) 

Une variante du renvoi d'angle encore plus souple que le précédent. Ici, le contact de l'inverseur est ouvert.

 

 

La pose de la voie s'achève tout doucement et je vais enfin pouvoir me lancer dans la décoration de la gare ; cela implique beaucoup de travail agréable (constructions diverses, signaux, petits accessoires, peinture, patine, végétation, ...), ce qui n'est pas pour me déplaire, loin s'en faut ! 

 

 

Je dispose maintenant d'une commande d'aiguillage puissante, fiable et d'un prix de revient satisfaisant que je m'empresse de poser sur tous les aiguillages de ma gare de Coksdorf

 

06/02/2007

02/2007-2 - Les moteurs d'aiguillage - partie 1

Pour commander les aiguillages, j'utilise en très grande partie l'excellent moteur Peco que tous les modélistes connaissent. Il est pourvu de 2 inverseurs très fiables de la même marque, l'un destiné à alimenter la pointe de cœur et l'autre, à la rétrosignalisation de la position de l'aiguillage. Pour le rendre interchangeable, il est monté en série sur un circuit imprimé comportant un bornier à vis.

Mot aig 2
Ce moteur étant plutôt costaud, il est équipé d'une tringle de renvoi souple afin d'amortir les chocs au niveau des lames d'aiguillage. Par simple pliage, cette tringle permet également un positionnement optimal du moteur par rapport à la traverse de commande des lames d'aiguillage. En outre, le moteur peut se positionner selon n'importe quel angle autour de l'axe de la tringlerie secondaire traversant l'assiette de voie.


Mot aig 1
Le circuit imprimé des aiguillages, recto et verso. 

Rien de tel qu'un circuit imprimé spécifique créé par soi-même. Le matériel de photogravure "maison" confectionné par Joseph (encore lui) nous permet de créer aisément divers circuits imprimés selon mes besoins propres.

 

 Mot aig 1
Le dessous du gril de sortie de la gare souterraine avec les moteurs d'aiguillage et le petit panneau d'appareillage suppportant les décodeurs de commutation.

 

Cela me cause un supplément de travail, mais j'estime que cela vaut la peine de conserver la possibilité d'une commande manuelle des aiguillages.

Je reviendrai ultérieurement sur ce sujet des moteurs d'aiguillage.

 

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Réponse au commentaire de Gérard Neyrat du 19 mai.

les aiguillages Peco sont fiables mais les moteurs sont trop gourmands et bruyants. Lorsqu'on commande plusieurs aig. à la fois dans le cadre de commande d'itinéraires, il y a beaucoup de complications..ça ne marche pas. Les vieux Jouef de plus de 20 ans d'age sont plus fiables. Mais hélas ne me servent que pour les gares cachées,"because" moteurs apparents. Sincères sentiments.G  N

 

 

 

 

Il n'y a vraiment pas de quoi s'effrayer avec la consommation des moteurs Peco. Ce n'est jamais qu'une impulsion.
J'utilise des PL10 ou PL10 E (consommation théorique 2 à 2,4 A) depuis plus de 30 ans sans problème. Ils sont puissants et fiables. Mais, car il y a un mais, la commande directe (exploitation analogique) par boutons-poussoirs est à proscrire. L'arc électrique généré entre les 2 contacts du bouton-pousoir au moment où on relâche la pression sur celui-ci finira par bousiller rapidement les contacts. Il faut impérativement mettre en oeuvre une décharge capacitive, On la trouve dans le commerce mais on peut cependant la bricoler soi-même : un circuit imprimé (à défaut un bout de veroboard), un redresseur, un bon condensateur polarisé de 4700 µF, 2 transistors montés en darlington (un seul peut
aussi convenir) et une résistance de charge. Avec une telle commande capacitive, c'est impeccable. Avantages : une seule décharge capacitive pour tout le réseau, le condensateur se recharge rapidement à l'aide de la sortie accessoires d'un simple transformateur pour trains miniatures, le moteur Peco répond instantanément, le bouton-poussoir ne se détériore pas (forcément puisqu'il n'y a aucune étincelle de rupture de courant lorsqu'on relâche la pression sur le bouton-poussoir, le condensateur étant déchargé), la commande simultanée de plusieurs moteurs Peco à l'aide d'un seul bouton-poussoir (itinéraire) est aisée moyennant l'emploi d'une matrice à diodes, également aisée à confectionner.
En cas de commande digitale, j'utilise soit le décodeur de commutation LS100 Lenz, soit le LS150 Lenz. Ce sont les deux seuls décodeurs de commutation qui permettent à leurs sorties une intensité de 3 A (pendant respectivement 1 seconde et 20 secondes). Le LS100 autorise en outre la rétrosignalisation. Leur fonctionnement est impeccable et ils acceptent sans problème la commande en cascade de plusieurs moteurs selon l'ordre de priorité donné par l'opérateur. Pour la commande des moteurs d'aiguillage Peco, je conseille le LS 150 parce qu'il débite à chacune de ses 6 sorties une impulsion de 15 V en courant alternatif (ce qui est le mieux) et qu'il coûte moins cher que le LS100 (par sortie). A noter que la durée d'impulsion du LS150 peut être réglée de 0,1 à 10 secondes et que le décodeur est protégé contre les surcharges.

Ceci dit, on peut aussi se procurer le moteur PL-10W qui est moins gourmand (consommation théorique1,3 A ). Quant au bruit, avec ma tringlerie de commande souple bien réglée, j'entends un claquement sec sans plus.
J'espère vous avoir aidé quelque peu ainsi que, par anticipation, d'autres lecteurs potentiels à venir.

 

André Saenen

20 mai 2007