07/01/2014

01/2014-2 - TCO et PT (panneau technique)

 

Tout le monde connaît les Tableaux de Contrôle Optique, en abrégé TCO. Par contre, les PT sont moins connus. Chez moi, cette abréviation signifie Panneau Technique. Celui-ci est destiné à regrouper tous les modules de commande des aiguillages et signaux d'un secteur déterminé.
Le but est d'éviter au maximum la salade de câbles sous le réseau et également de rendre le PT amovible pour réparation éventuelle, voire ajout d'un complément, sur l'établi. Encore une fois, cela est destiné à éviter au maximum la gymnastique sous le réseau. On est quand même plus à l'aise quand on les fesses posées sur un bon siège devant l'établi !

 

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Voici le TCO destiné à gérer les aiguillages et signaux dans la zone appelée Gril Ouest de la gare de Stahldorf (STD). J'ai déjà expliqué pourquoi je veux garder la possibilité de commander les aiguillages et signaux à l'aide de touches sur TCO conventionnel malgré la commande par logiciel Train Controller.

Il y a bien sûr un autre TCO pour gérer le gril Est de ladite gare, que l'on verra un peu plus loin.

 

Un des avantages de mes TCO est la possibilité de modifier le dessin par remplacement de la feuille plastifiée. On ne sait jamais, m'étais-je dit. Bien m'en a pris car ce TCO a subi quelques modifications. Une seule condition : éviter de modifier la position des boutons-poussoirs et interrupteurs car les trous doivent correspondre.

Voici la nouvelle mouture qui va prendre la place de l'actuelle. Après percement des trous, il me suffira de dévisser les écrous des boutons-poussoirs et interrupteurs sur le TCO, de changer la feuille de dessin plastifiée et de revisser les écrous.

 

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Quelques petits dessins complètent agréablement la présentation. J'ai aussi agrandi les numéros d'aiguillage, signaux et dételeurs pour une meilleure visibilité.
En outre, j'ai rendu le TCO bilingue étant donné que je compte aussi publier sur un forum allemand. Et puis, cela s'impose puisque la région où se situent mes lignes ferrées est frontalière à l'instar de la vraie région frontalière belgo-allemande du côté d'Eupen (B) et Aachen (D) où le bilinguisme est très répandu.

 

 

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L'autre côté de la gare. Les travaux de câblage et de confection du PT correspondant sont en cours.

 

 

Nous avions déjà mis au point les PA, autrement dit les panneaux d'appareillage, que j'aurais pu appeler les panneaux de détection puisqu'ils regroupent essentiellement les modules de détection d'occupation des cantons. J'ai déjà expliqué le côté pratique de ces panneaux que je peux débrancher à volonté pour circonscrire le secteur défectueux en cas de dysfonctionnement. Cela s'est déjà produit et la panne a vite été trouvée.

 

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Voici un PT. C'est le premier du genre élaboré par mon aidant Joseph et nous avons déjà trouvé quelques petites améliorations à lui apporter. Ici, quelques servomoteurs et des moteurs à solénoïdes ont été provisoirement raccordés à des fins de test.
On peut voir des décodeurs de servomoteurs de la firme ESU ainsi que des décodeurs de commutation LS150 de Lenz. Il y a également une décharge capacitive pour la commande des moteurs d'aiguillages à solénoïdes de marque Peco et Seep, tous deux assez gourmands en courant.

Sur mon réseau, j'utilise en effet des moteurs de divers types : moteurs à solénoïdes Peco et Seep pour aiguillages, moteurs à solénoïdes pour signaux mécaniques Viessmann (signaux assemblés d'origine), servomoteurs pour aiguillages et servomoteurs pour signaux Viessmann achetés en kits non motorisés.

 

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Pour alléger la face comportant les modules, les câbles passent par l'autre face et peuvent ainsi être tirés plus aisément.

 

 

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Le module situé au centre du PT est destiné à la commande simultanée de plusieurs servomoteurs. Lorsque j'ai voulu commander pour la première fois plusieurs servomoteurs au moyen d'une mise en parallèle des câbles, je me suis aperçu qu'ils avaient tous le même comportement. Je ne pouvais donc plus les régler individuellement ! Or, la possibilité de réglage individuel est un des gros avantages des servomoteurs. Très embêtant, ça !

Après moultes cogitations, la solution a été trouvée à l'aide des composants tels que un circuit intégré NE555 (timer), un compteur, circuits CMOS, optocoupleurs et une matrice à diodes. En fait, l'astuce consiste à les faire démarrer successivement avec un très petit délai entre deux démarrages. Cette disposition a été appliquée sur les liaisons d'aiguillages A1-A3 et A1-A2.
Pour le prochain TCO, cette solution sera généralisée de façon à limiter le nombre de boutons-poussoirs d'aiguillage comme avec les matrices à diodes pour les moteurs à solénoïdes.

 

La caractéristique commune aux PT, PA et TCO est la possibilité de les débrancher rapidement à l'aide de connecteurs débrochables de façon à les retirer du réseau et les déposer à l'établi en cas de panne.
Un autre avantage est d'éviter une salade de câbles sous le réseau car les liaisons seront assurées en majorité par des câbles plats : PT-TCO et PT-moteurs d'aiguillage/signaux, coupés à longueur et repérés. Les connecteurs informatiques D-SUB (9 et 16 pôles) sont pratiques et peu coûteux s'ils ont achetés en gros.

 

 

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Mon aidant Joseph aime les choses bien faites. Témoins les étiquettes à l'échelle adéquate qu'il a créées sur ordinateur pour un repérage optimum des bornes.

 

 

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L'intérieur du TCO qui montre les arrivées des gaines plates de câbles venant du PT correspondant..

 

 

 

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Un petit bricolage de mon aidant Joseph. Il s'agit de 8 petits boutons-poussoirs montés sur plaquette et qui se raccordent au décodeur de servomoteurs ESU. C'est bien pratique pour tester le fonctionnement des servomoteurs.

 

 

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Test d'un moteur d'aiguillage ancienne mouture à placer sous la table.

06/01/2014

01/2014-1 - Les servomoteurs

 

Dans le billet précédent, j'ai publié des photos de servomoteurs actionnant des signaux et des aiguillages. Cette fois, je vais vous en parler en détail.

L'avantage des servomoteurs n'est plus à démontrer, du moins quant à moi qui ai été vite convaincu.
Parmi les innombrables servomoteurs proposés sur le marché, point n'est besoin de sélectionner parmi les puissants. Un servomoteur dont le couple est de l'ordre de 2 kg.cm est largement suffisant. Ils sont classés dans la catégorie des Mini Servo 5 – 10 g (le poids).

Quant au prix, il faut prendre la peine de chercher le meilleur rapport qualité-prix sur la toile Internet. Ceux que je me suis procuré chez un grossiste à Hong-Kong m'ont coûté 2 euros / pièce environ. J'ai vu les mêmes vendus à 15 euros sur des sites de modélisme proposant des décodeurs pour servomoteurs ! Sur le site Conrad bien connu, on trouve des servomoteurs comme les miens aux environs de 4 euros, ce qui est plus raisonnable. Il s'agit ici de servomoteurs analogiques qui fonctionnent très bien mais font un peu de bruit lors du fonctionnement lequel est assez bref. Les servomoteurs numériques sont un peu plus silencieux mais coûtent plus cher.

A l'intention des amateurs de calcul, voici quelques précisions.

L'unité officielle utilisée pour mesurer un couple est le N.m, c'est-à-dire le produit d'une force et d'un déplacement. On peut convertir bien sûr le N.m en kg.cm, une unité plus pratique pour les petits servomoteurs. Les 2 kg.cm dont je parle plus haut valent environ 0,2 N.m ou 20 N.cm (je laisse tomber les décimales).
Pour simplifier l'explication, imaginons un bras de levier fixé à l'axe du servomoteur. Si je choisis un servomoteur de 2 kg.cm de couple, cela équivaut à un poids de 2 kg suspendu à 1 cm de l'axe du servo, ou encore à 1 kg suspendu à 2 cm de l'axe ou encore à 5 kg à 4 mm de l'axe. On imagine aisément que la force qui s'exerce au bout du bras de levier est considérable au vu de la chose à mouvoir, en l'occurrence des lames d'aiguillage ou des palettes de signal mécanique, même si l'on tient compte des petites contraintes dues à la tringlerie qu'il faut vaincre, s'il en existe comme sur mes montages à base de servomoteur.

Bien sûr, les pointilleux feront remarquer que le mouvement est partiellement circulaire et que ce n'est strictement valable qu'en position où les tringles sont tangentes au cercle de leur entraînement, sans quoi il faudra passer par des sinus et des cosinus si l'on veut établir un calcul précis. Cela n'en vaut pas la peine et l'ordre de grandeur évoqué ici est largement suffisant.

D'autres indications sont la vitesse angulaire et l'angle de rotation. Les caractéristiques accompagnant les servomoteurs mentionnent la plupart du temps deux nombres, par exemple 0,13 / 60°. Cela correspond à un angle de 60° parcouru en 0,13 s. ce qui équivaut donc à une vitesse angulaire.

Ce qui est fort intéressant, c'est que l'on peut régler séparément 3 paramètres :
- la butée droite ;
- la butée gauche ;
- la vitesse angulaire.

C'est impeccable pour positionner avec précision les lames d'aiguillage et les palettes de signaux mécaniques.

 

Contrairement à un moteur classique qui est utilisé pour tourner avec une vitesse proportionnelle à un courant ou à une tension, un servomoteur est utilisé pour obtenir une position.
Pour actionner un servomoteur, il faut utiliser un microcontrôleur capable de délivrer des impulsions dont la durée varie entre 1 ms et 2 ms. J'utilise personnellement des décodeurs ESU (SwitchPilot Servo) dont les caractéristiques me satisfont pleinement et qui sont parfaitement adaptées au modélisme ferroviaire. Il existe cependant d'autres solutions.

Voici un exemple de servomoteur.

 

 

-exploitation dcc_panneau technique,-tableau de commande optique_analogique ou digital

Caractéristiques du mini servo Tower Pro SG90 (au milieu) montré sur la photo :

Livré avec palonniers

Dimensions : 22 mm x 11,5 mm x 27 mm

Poids : 9 grammes

Vitesse : 0,12 sec/60° sous 4,8 V

Couple : 1,2 kg.cm sous 4,8 V

Tension : 4,8 V à 6 V

Prise : standard à 3 fils

Amplitude : de 0 à 180° (un peu moins en réalité)

Celui de droite est un micro servo plus léger et moins puissant mais coûtant sensiblement le même prix que le mini servo. Il convient plutôt pour l'échelle N.

 

Je vous livre l'adresse d'un site intéressant où vous pourrez glaner des infos intéressantes :

http://www.tamvalleydepot.com/products/servosaccessories....

 

J'en reviens à mes servomoteurs que j'accommode à ma sauce personnelle.

En ce qui concerne les signaux mécaniques, l'innovation résidait principalement dans les 3 facteurs suivants : motorisation des signaux en kit fournis sans moteur, installation par-dessus la table de roulement et précision dans le positionnement des palettes grâce au servomoteur.

 

 

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C'est sur ce banc d'essai que j'ai mis au point la motorisation de mes signaux mécaniques à l'aide de servomoteurs et d'un décodeur SwitchPilot Servo ESU. Une prise D-Sub à 9 pôles permet de débrancher le signal (ou les 2 signaux le cas échéant) fixé sur le support en équerre. Il s'agit d'un modèle d'essai non peaufiné.
On voit sur la gauche une centrale et un amplificateur Lenz (première version) alimentés par un transformateur Märklin de récupération. Mon aidant Joseph m'a bricolé une plaquette comportant les 8 boutons-poussoirs permettant d'actionner les 4 servomoteurs raccordés au décodeur (ici, il n'y en a que trois). Le SwitchPilot Servo permet en effet la commande manuelle par boutons-poussoirs outre la numérique par manette de commande ou ordinateur.
Le réglage des 3 paramètres dont question ci-dessus se fait grâce aux boutons et diodes luminescentes situés sur le côté du décodeur.

 

N. B. : Ne faites pas attention, si toutefois vous l'avez remarqué, à la position erronée des palettes qui doivent se tourner vers la droite. Ce sera corrigé bien sûr.

 

La fabrication en série se fera après celle des moteurs d'aiguillage, ceux-ci ayant évidemment la priorité pour me permettre d'actionner les aiguillages et faire rouler des trains.

 

Au tour des aiguillages maintenant. Jusqu'il y a peu, j'étais resté fidèle à l'option d'un moteur d'aiguillage avec servomoteur à placer sous la table de roulement. Cette solution m'a toujours agréé jusqu'au jour où je me suis posé la question "mais pourquoi ne pas adopter la même solution que pour les signaux", à savoir les rendre amovible par le haut. Cette idée m'est venue lorsque, pour la ennième fois, je me suis cogné la tête contre le châssis en installant conventionnellement par le dessous un moteur d'aiguillage. Me disant une fois de plus que, l'âge aidant, ma vue et mon agilité laissaient à désirer et que cela n'irait pas en s'améliorant, j'ai aussitôt mis en chantier une nouvelle version de moteur d'aiguillage que je vous présente ici.

 

 

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Il s'agit ici d'une version avec 2 mini inverseurs, l'un pour alimenter en courant la pointe de cœur et l'autre pour renvoyer à la centrale - et donc au logiciel Train Controller de mon ordinateur - une information de changement d'état. Je ne compte pas installer un second inverseur sur tous les exemplaires à fabriquer car la position d'une partie des aiguillages n'a pas besoin d'être rétrosignalée à TC.
A noter qu'il s'agit d'une information basée sur un changement "mécanique" de l'aiguillage, ce qui est préférable à une info basée sur un changement d'état dans le décodeur. Reste à tester cette fonctionnalité à l'aide de Train Controller.

 

 

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Le moteur d'aiguillage est prêt à prendre sa place dans l'ouverture pratiquée dans la table de roulement. Seule la connexion au servomoteur est faite.

 

 

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Le moteur est encastré et la tige de commande enfourchée sur la barrette de commande des lames d'aiguillage.
Le moteur d'aiguillage est relativement écarté de la voie car un quai doit être installé ici entre le support du moteur et la voie.

 

 

-exploitation dcc_panneau technique,-tableau de commande optique_analogique ou digital

J'ai réalisé une couverture provisoire qui montre qu'avec un peu de ballast ou de gravier, le camouflage sera parfait. On peut aussi utiliser d'autres solutions comme de la verdure par exemple.

 

 

 

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Un moteur d'aiguillage est déjà en place et un autre attend la découpe dans la table. Il y a bien sûr des moteurs gauches et droits pour permettre deux positions de pose.

 

 

-exploitation dcc_panneau technique,-tableau de commande optique_analogique ou digital,-servomoteur

Le gril ouest de la gare. Les bouts de carton noir camouflent les dételeurs amovibles commandés par servomoteur.


Comme on peut le voir sur la dernière photo, l'envie de faire du décor me démangeant, je présente déjà des ensembles de bâtiments pour être certain qu'ils s'intégreront bien dans le futur environnement.

La phase des mises au point et innovations techniques a duré pas mal de temps, plus que prévu d'ailleurs, mais ça valait la peine au vu des résultats. Je ne crois me tromper en disant que cette phase est terminée maintenant et je n'en suis pas mécontent du tout.
Le décor va pouvoir avancer désormais.

 

La prochaine fois, je vous entretiendrai des TCO et PT associés.

29/09/2013

09/2013-2 - Tableau de Contrôle Optique (suite du billet 07/2007-1 portant le même titre)

La question est souvent posée à l'heure actuelle, compte tenu de l'évolution rapide de la commande numérique, où règnent en maîtres la commande digitale, le bloc système et la gestion par ordinateur. J'ai donc personnellement remis sur l'établi cette épineuse question assez controversée sur les forums de discussion. 

Est-il encore nécessaire de créer des TCO ?

Il est supposé ici que les divers accessoires (aiguillages, signaux et autres) sont pourvus d'un décodeur d'accessoires (de commutation) afin de permettre leur commande via l'ordinateur équipé bien entendu d'un logiciel de gestion des trains. Il est également entendu que les voies sont divisées en sections pourvues chacune d'une détection de trains (par contact ou par consommation de courant) afin de permettre un bloc-système.

Une première réflexion s'impose. S'agit-il d'un réseau de petite taille ou de grande taille ? Ou plutôt, est-il possible à partir d'un endroit précis, en l'occurrence l'endroit où est installé le poste de contrôle par ordinateur, de voir la totalité du réseau ? 

Dans le cas d'un petit réseau, on dispose d'une bonne vue d'ensemble de sorte que les diverses commandes du réseau peuvent être assurées par l'ensemble que constituent l'écran, le clavier et la souris.

Par contre, et c'est mon cas, s'il n'est pas possible de voir la totalité du réseau à partir d'en endroit unique, des TCO s'imposent. On peut me rétorquer qu'avec une tablette, une interface adéquate et un routeur, il est possible de commander les divers accessoires du réseau et de gérer des itinéraires de trains. Je sais cela et j'ai d'ailleurs installé une telle commande sur mon réseau comme je l'ai explique dans mon billet "10/2012-1 - Les commandes baladeuses". Mais ça ne m'agrée pas entièrement pour les raisons suivantes.

Primo, je dépends totalement du bon fonctionnement de l'installation informatisée et cette idée me déplaît. Les appareils sont ce qu'ils sont et la fameuse Loi de Murphy s'applique souvent, surtout lorsque, c'est bien connu, il y a un visiteur. Une commande analogique des accessoires assistée par une simple commande digitale des locos est pour moi souhaitable.

Secundo, l'écran de ma tablette est malgré tout limité en dimensions. Je vous renvoie à la photo de mon schéma de voies dans Train Controller (mon logiciel de gestion de trains) pour que vous compreniez mieux. Cet écran ne pourra jamais remplacer les 2 grands écrans de 22 pouces (3 sont prévus) de mon ordinateur qui me sont nécessaires pour une vision confortable des éléments devant figurer à l'écran.

 

 

TCO 1.JPG

TCO 2.JPGCeci est le TCO de mon réseau créé dans Train Controller (logiciel de gestion de trains). Mon plan général montre des couloirs séparés par des arrière-plans à double face, ce qui permet de comprendre qu'il n'est pas question de commander ce "bazar" à partir d'un PC ou même d'une tablette. Pour les circulations automatiques, passe encore mais pour les manœuvres, ce n'est pas pratique du tout, c'est le moins qu'on puisse dire. Je rappelle que mon réseau représente l'époque 3 comportant beaucoup de cours aux marchandises, d'entreprises raccordées au rail, de nombreux trains de desserte, etc., donc beaucoup de trains à piloter manuellement et qu'il est en outre du type "point to point", d'où la configuration que j'ai donnée au réseau.

N. B. : Ce schéma n'est pas à jour.

  

Bref, je pourrais encore évoquer d'autres arguments mais je préfère passer tout de suite à ma conclusion, résultat de moultes cogitations.

C'est ainsi que j'ai décidé de poursuivre la construction d'une série de petits TCO à disposer à différents endroits situés respectivement le plus près possible de la zone contrôlée par le TCO correspondant. J'ai déjà dit quelque part que cette idée m'avait été inspirée par un de mes maîtres à penser, Jacques Le Plat, créateur du concept "modélisme d'atmosphère". Cette disposition permet de commander in situ de façon confortable locos, aiguillages, signaux et dételeurs avec une vue optimale sur les opérations.

J'ai également décidé de combiner les deux sortes de commande : manuelle et via ordinateur. En effet, je compte exploiter mon réseau de plusieurs façons :

- Totalement automatique, c'est-à-dire gestion totale par le logiciel TC.
- Semi-automatique version 1 (ma préférée), c'est-à-dire gestion par TC des circulations automatiques sur voies principales et gestion manuelle ailleurs (sur les nombreux embranchements et voies de débord où la commande des trains et accessoires est purement manuelle).
- Semi-automatique version 2, c'est-à-dire gestion par TC des aiguillages et signaux et gestion manuelle des convois par l'opérateur, celui-ci étant bien entendu sommé de respecter les signaux rencontrés sur sa route. C'est ce type de gestion qui ressemble évidemment le plus à ce qui se passe en réalité.
- Totalement manuelle (pour jouer, quoi !), seul ou à plusieurs (le réseau est suffisamment vaste). Ca me plaît aussi de pouvoir, quand ça me chante et sans mettre en fonctionnement l'ordi et TC, sortir une loco et la tester sur le réseau, accrocher des wagons, faire un bout de trajet, etc. au gré de ma fantaisie.

Je signale en passant que la commande manuelle des accessoires est analogique et ne passe pas par l'ordi, c'est-à-dire que les boutons-poussoirs ne renvoient pas une info à l'ordinateur qui en retour enverrait un ordre aux décodeurs d'accessoires. Ce serait incohérent puisque je veux pouvoir gérer le réseau sans allumer l'ordi. Les décodeurs ESU et Lenz que j'utilise permettent en effet une commande analogique en parallèle par boutons-poussoirs ou interrupteurs.

La petite étude que je soumets ici est loin d'être exhaustive car le sujet est complexe. Ce billet est donc susceptible d'être révisé et complété. 

 

Quelques images maintenant. A noter que la partie du réseau frontalier présentée ici est la partie allemande et les signaux sont en majorité des signaux mécaniques à 2 ou 3 positions.

 

 

IMG_6664.JPG

Mon premier TCO datant de 2010 et représentant la partie Est de la gare en cul-de-sac de Coksdorf, station terminale de la ligne 21 à voie unique. La partie Ouest vient d'être remaniée et son TCO est en cours d'élaboration.

 

 

 

TCO STD W.JPG


TCO de la partie Ouest de la gare de Stahldorf. L'autre extrémité, la partie Est, est en cours de réalisation. 

 

Je crois qu'un petit mot d'explication sur les couleurs utilisées n'est pas de trop.

Les voies en vert sont des sections pourvues d'une détection (par consommation de courant), celles en gris (il y en a 2, GA 1et GA 2)) sont des zones d'aiguillage où la détection des trains est effective, celles en noir sont des voies de débord à commande manuelle uniquement et celles en bleu sont des voies d'entreprises raccordées, également à commande manuelle uniquement.

Tous les appareils (signaux et aiguillages) en relation avec un itinéraire automatique sont nécessairement raccordés via un décodeur pour pouvoir être pris en charge par l'ordinateur. Ils sont repérés par un numéro blanc sur fond vert (aiguillages) ou jaune sur fond rouge (signaux). Chaque signal ou aiguillage possède néanmoins ses commandes manuelles : bouton-poussoir noir pour les aiguillages ; bouton-poussoir rouge, vert, jaune ou blanc pour les signaux.

On peut également voir des interrupteurs. Ceux situés à l'extrême-droite sont des inverseurs monopolaires à 2 directions mais avec rappel en position haute. Si j'abaisse le levier, je vois apparaître sur l'écran d'un afficheur l'adresse de la loco située sur la voie correspondante. J'ai mis au point ce système sur base de RailCom (communication bidirectionnelle créée par Lenz) vu le nombre de locos censées se trouver sur le réseau. J'ai une bonne mémoire mais je renonce à me rappeler l'adresse de chaque  machine. Les autres interrupteurs situés vers le milieu sont destinés à commander des dételeurs magnétiques (système Kadee) escamotables à commande par servomoteur. J'en parlerai à une autre occasion.

Encore un mot : les aiguillages A01 à A06 étant actionnés par un servomoteur, j'ai été obligé de prévoir 2 boutons-poussoirs à chaque bifurcation excepté sur les bretelles de liaison A01-A03 et A01-A02. J'ai tenté d'avoir l'équivalent de la matrice à diodes avec commande capacitive utilisée pour actionner les moteurs à solénoïdes mais ce n'est pas possible à moins de renoncer au paramétrage individuel des servos, ce qui est justement leur atout principal. Les servos commandés par un même bouton-poussoir auraient tous le même comportement.

 

-tableau de commande optique_analogique ou digital

A droite, la partie Est de la gare en cours de dessin.

A gauche, le panneau qui stipule les attributions des voies et les pictogrammes explicatifs. Chaque TCO aura son panneau explicatif.

 

 

Je vous présente maintenant le TCO du dépôt de locomotives de la grande gare de Kugelstadt avec toutes ses entrailles.

TCO 1.JPGLe côté face avec tous ses boutons et interrupteurs.
Ici, une nouvelle couleur apparaît, le vert clair dont le but est d'indiquer que la section de voie colorée permet l'identification automatique de l'adresse de locomotive avec notification directe à l'ordinateur.

 

Cette sorte de détection d'adresse est possible grâce au matériel proposé par la firme Tams. L'adresse détectée est immédiatement envoyée vers l'ordinateur via une connexion USB. Il est donc possible, sans aucune manipulation au clavier, de faire connaître à TC l'adresse d'une loco sortant d'une zone manuelle et entrant dans une zone gérée par TC. Jusqu'à présent, 5 zones de cette sorte existent sur le réseau.

C'est utile si l'on pense que je peux me trouver à une extrémité du réseau, loin du PC, et que je fais passer une loco d'une zone manuelle, par exemple le raccordement cokerie à Coksdorf, à une des 6 voies gérées par TC, lequel ne peut évidemment connaître avec certitude l'adresse de toute loco entrante dans son domaine.

Prenons un autre exemple, le dépôt. Une loco sort du domaine géré par TC et entre au dépôt. Ensuite, je fais sortir une autre loco et la fais pénétrer dans le domaine de TC. Celui-ci ne peut évidement deviner tout seul l'adresse de la loco entrante. Il faut la lui communiquer.

Je dois chaque fois expliquer cela aux modélistes qui, spontanément, me disent péremptoirement, sur un forum ou un autre, que c'est inutile et qu'il est bien plus simple d'encoder l'adresse de la nouvelle loco à l'aide du clavier. Mais oui, ils ont raison ... avec leur réseau de dimensions courantes qu'ils peuvent embrasser d'un seul regard, assis confortablement devant leur ordi ! Chez moi, cependant, je n'ai pas envie de courir d'un bout à l'autre du réseau à chaque fois qu'il faut renseigner une adresse à TC, car cela peut faire de 10 à 15 mètres.

 

 TCO 2.JPGVue de profil pour montrer l'encombrement réduit. Le bandeau de ceinture du réseau n'est pas encore en place.

 

 

 

TCO 3.JPGJ'ai fait en sorte de rendre les TCO amovibles à la façon d'un tiroir. En déconnectant les câbles d'arrivée et départ (connecteurs D-SUB à 25 pôles) plus les câbles d'alimentation (connecteur à 6 pôles non encore raccordé), on peut aisément retirer le TCO et le déposer à l'établi pour une modification ou réparation éventuelle.

 

 

 

TCO 4.JPGVoici une autre vue montrant le TCO retiré de son logement. On voit à droite une matrice à diodes et une décharge capacitive car les moteurs d'aiguillages du dépôt sont tous des moteurs à solénoïdes. Une matrice à diodes s'imposait donc avec réduction conséquente des boutons-poussoirs et protection de ces derniers.

 

 

Pour l'instant, j'ai encore à l'établi 2 TCO sans compter les afficheurs d'adresse et les plaquettes XpressNet pour connexion des commandes baladeuses Lenz. Le reste suivra ensuite petit à petit.

08/01/2008

01/2008-1 - Nouvelle mouture du plan de la gare de Coksdorf

Je n'hésite pas à remettre mon projet en question lorsque je sens que "ça ne va pas" !

C'est comme ça que, pour la énième fois, j'ai apporté des modifications, mineures il est vrai, au plan de la gare de Coksdorf. J'avais déjà ajouté un pont tournant comme indiqué dans mon post précédent, et cette fois ce sont 2 voies de débord qui vont permettre d'opérer plus facilement les diverses opérations de composition et décomposition de rames que j'ai prévu nombreuses. En outre, j'ai encore agrandi le rayon de courbure des voies d'entrée de la gare conformément à ma règle d'agrandir au maximum le rayon de courbure des voies visibles - les grandes voitures de 30 cm (en H0) qui jouent les polygonales raides, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé !!! Ce n'est ni esthétique, ni réaliste. J'ai aussi réduit les emprises de la gare des chemins de fer secondaires. Dans la foulée, j'ai quelque peu modifié le paysage environnant. Cela m'a permis de réaliser une trappe d'accès bien située et dégagée de toute voie. Je me sers d'ailleurs abondamment de celle-ci pour effectuer les travaux en cours.

 

 

 V-001 Réseau AS partie 1a

 


On remarque sur ce plan la présence de nombreux petits TCO (Tableaux de Contrôle Optiques) dont 2 concernent la gare souterraine. Comme je l'ai déjà expliqué dans le post "TCO et commande digitale d'aiguillages", j'ai opté pour des TCO locaux situés au plus près des accessoires (aiguillages, signaux, dételeurs, ...) à commander. De la sorte, tout en maoeuvrant ces derniers à l'aide d'une main, l'opérateur peut de l'autre main tenant la commande baladeuse contrôler aisément sa locomotive en ayant une vue rapprochée de celle-ci. C'est très pratique notamment pour les dételages de wagons.

J'éprouve maintenant une meilleure satisfaction à la vue de ce dernier plan et je crois bien qu'il ne comportera plus de changement des voies, excepté probablement dans la cokerie où l'emprise des bâtiments entraînera quelques modifications. Idem pour les grils d'aiguillages de part et d'autre de la gare. Par expérience, je sais que la réalité ne sera pas strictement conforme au plan. C'est dû au fait que j'aime utiliser des aiguillages de divers fabricants : Peco, Roco, Tillig, Hobby-Ecke Schumacher, assortis d'aiguillages de fabrication personnelle. Les angles de déviation vont de 6° à 12 ° et le rayon de courbure de la voie déviée varie fortement de l'un à l'autre d'autant que je modifie généralement ce dernier en triturant l'aiguillage pour obtenir la courbe souhaitée. Je réalise en fait un travail sur mesure un peu comme cela se passe en réalité.

 

Maintenant, place à la suite des travaux.

05/02/2007

02/2007-1 - Tableau de Commande Optique (TCO)

TCO CFEB

TCO classique en exploitation conventionnelle.

En exploitation conventionnelle, les TCO (Tableau de Contrôle Optique) sont pratiquement incontournables. Le TCO ci-contre, dont j'ai réalisé le couvercle reprenant le schéma de voies, gérait une des gares du réseau du club que je fréquentais alors. C'était en 1980 et la commande numérique n'existait pas encore. C'est l'ami Joseph (que j'ai précisément connu en 1978 dans le club en question) qui s'occupait de la partie électronique. Il avait mis au point une alimentation électronique intégrable dans le TCO (sur la photo, on devine les 2 alimentations cachées sous les mains de l'opérateur) qui conférait déjà une inertie lors du démarrage et du freinage des trains. Cette propriété était désactivable afin de permettre des manoeuvres aisées. Les alimentations digitales actuelles offrent les mêmes avantages, mais avec un réglage personnalisé en prime.

En repensant à cela, un souvenir me revient. Dans un effort louable, mais finalement vain, d'une cohabitation des 2 systèmes classiques ("2 rails courant continu" et "3 rails courant alternatif") sur le même réseau, cette alimentation avait la particularité de convenir aux locomotives des 2 systèmes pourvu que la voie soit équipée d'un conducteur central (les voies peintes en jaune sur le TCO). La détection était automatique et l'alim réagissait en conséquence. Nous avions réalisé cette prouesse sur une partie du réseau. C'était assez avant-gardiste à l'époque et ça fonctionnait bien. La suite a démontré que ça n'a pas calmé la hargne de certains "intégristes", malgré leur faible nombre. Et le projet a finalement "foiré" !

Revenons au digital. Ce n'est qu'en 1982 que le pionnier en matière de commande numérique des trains, la firme Lenz, a créé en Europe la première commande multitrain pour le compte d'une grande et célèbre marque de trains allemande. La suite n'a été qu'un long et constant développement de cette nouvelle technologie qui nous réserve encore pas mal de surprises dans les années qui viennent.



 

TCO 2 a

Un des 2 TCO de la gare souterraine 1.

Malgré la commande digitale des aiguillages imposée par le block-système automatique, je désire quand même disposer d'une commande classique par boutons-poussoirs. Maintenant, plus question de peindre à l'aérographe et terminés les masquage fastidieux à répétition ! Vivent l'ordinateur et l'imprimante en couleurs. Ce petit TCO que j'ai créé à l'aide d'un logiciel de dessin tient sur une feuille de papier A4, ce qui me change des TCO encombrants que je confectionnais jadis. Après avoir dûment plastifié la feuille afin de la protéger, il me suffit de la fixer sur un support adéquat et de la percer ensuite pour y installer interrupteurs et diodes électroluminescentes (DEL).

Bien que l'exploitation conventionnelle compte encore de nombreux adeptes, l'exploitation digitale gagne à sa cause de plus en plus de modélistes. Je dis toujours à ceux qui hésitent à se convertir que la commande numérique est idéale dans le domaine du pilotage des locomotives et qu'on peut s'en tenir à cet aspect. Financièrement, on limite ainsi l'investissement et c'est bien sûr un point important. On peut donc se passer de la commande digitale des aiguillages, signaux et autres accessoires électriques et électromagnétiques, et conserver par conséquent la commande classique par TCO. Mais alors point d'exploitation automatique par block-système géré par ordinateur ! On ne peut tout avoir ! En effet, un tel block-système exige notamment la commande numérique des aiguillages sur les parcours automatisés si l'on désire une sécurité optimale. D'autre part, si des aiguillages sont dotés de la commande numérique - et cela impose l'utilisation de décodeurs de commutation (appelés aussi décodeurs stationnaires), leur actionnement implique que l'opérateur connaisse leur adresse respective (tout comme celle de chaque locomotive) afin de pouvoir les manipuler à l'aide de la commande balladeuse. Voilà donc en quoi consiste l'inconvénient majeur de la commande digitale des aiguillages et des signaux. En outre, une telle manipulation prend du temps car il faut répéter l'opération pour chaque appareil de l'itinéraire souhaité. Pas de commande en cascade donc, à moins de disposer d'un pupitre de commande d'itinéraires, ce qui grève d'autant le budget.

Personnellement, je réserve la commande numérique uniquement aux appareils de voie et signaux situés sur la double voie soumise à la circulation automatisée. Partout ailleurs, la commande manuelle règnera en maître au moyen de petits TCO situés à pied d'oeuvre, tel le TCO 2 de la GS 1 (illustration ci-dessus). A ce propos, je me suis rangé à l'avis de Jacques Le Plat qui a fort bien démontré l'avantage de petits TCO locaux en remplacement des TCO géants reprenant l'ensemble des voies des gares. Voici un exemple. Si vous avez installé un petit TCO local au droit du gril d'entrée de votre gare, vous pourrez de votre main gauche actionner, in situ, les boutons-poussoirs de commande des aiguillages tout en pilotant de la main droite, à l'aide de la commande balladeuse, votre locomotive "en ayant le nez dessus". Vous disposerez ainsi d'une grande précision dans les manoeuvres, spécialement celles consistant à dételer un ou plusieurs wagons. Quoi de mieux ? Quand vous avez goûté à ça, vous ne voulez plus rien d'autre !